Crash d'avion: les sauts sont suspendus à Temploux jusqu'à la fin de l'année

Crash d'avion à Gelbressée:
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Crash d'avion à Gelbressée: - © Tous droits réservés

Les sauts en parachute n’auront plus lieu au club de Temploux jusqu'à la fin de l'année. La décision a été prise au lendemain de l'accident en hommage aux 11 victimes de Gelbressée. En fin d'après-midi, le procureur du roi de Namur et le bourgmestre de la ville se sont adressés à la presse. L'enquête sur les causes de l'accident ne fait que démarrer, mais la possibilité d’un contact avec une éolienne semble actuellement exclue.

La conférence de presse qui s'est déroulée avant 18h a duré moins d’une demi-heure. Toutes les parties étaient représentées. Le procureur Philippe Dulieux a été très clair sur l’enquête en cours: tout sera mis en œuvre pour connaître la cause de l’accident. "On sait que l’avion a perdu tout ou partie d’une aile. Il faudra savoir quelle avarie est intervenue et si celle-ci est imputable à la responsabilité d’une personne précise qui reste à identifier." L'expert désigné a déjà examiné l’épave et continuera son enquête à la base de Beauvechain où les restes de l’appareil ont été transférés.Un rapport judiciaire sera rédigé et des auditions sont en cours.  Le Procureur a par ailleurs annoncé que la possibilité d’un contact avec une éolienne semble exclue jusqu’à présent.

L'identification des victimes

Le deuxième volet de la conférence de presse concernait l’identification des victimes. Le DVI  (Disaster Victim Identification) poursuit son travail dans des conditions difficiles car certains corps ont été très abîmés par l’accident. Une représentante due DVI a déclaré "Une fois toutes les autopsies établies avec les médecins légistes, je retournerai sur place avec les données ante-mortem recueillies auprès des familles. Nous allons alors comparer nos constatations sur les victimes avec les dossiers obtenus auprès des familles. Ces comparaisons nous permettront d’identifier formellement les victimes". Une étape indispensable pour pouvoir restituer les corps à toutes les familles. Ce n’est qu’ensuite que des décisions seront prises sur l’organisation des funérailles ainsi que sur une probables cérémonie d’hommage. Cet hommage collectif sera sans doute mis en place a l'aérodrome de Temploux après que chaque famille aura organisé ses propres funérailles.

Un pays plongé dans le deuil

Le crash d'avion suite auquel 11 personnes  -10 parachutistes et le pilote- ont trouvé la mort, plonge le pays dans le deuil. Il s'est écrasé à Gelbressée, près de Fernelmont, en province de Namur. L'enquête qui doit déterminer les causes de l'accident est en cours, et le travail d'identification des corps a commencé dimanche à 10h00 sur le lieu de l'accident fermé au public.

Les corps des victimes de l'accident, âgées de 21 à 35 ans, sont amenés au crématorium de Gilly, le centre médico-légal à proximité le plus adapté pour les catastrophes. L'identification est toujours en cours.

La DVI (Disaster Victims Investigation Team), dont la mission consiste à recueillir et identifier les dépouilles mortelles des victimes de catastrophes, est sur place.

Le département de sécurité aérienne procédera à l’évacuation, ce dimanche, des débris de l’avion vers un hall à Beauvechain. Ils peuvent éventuellement contribuer à l’enquête mais la demande n’a pas été formulée. C'est à cet endroit que les experts techniques tenteront de comprendre les raisons exactes de l'accident.

"C'est le SPF Mobilité prend l'expertise en charge", déclare Vasantha Fagard, la porte-parole. Pour déterminer les causes de l'accident, un expert a été dépêché sur place pour analyser le dossier technique de l'avion, son épave, la licence technique du pilote, la boîte noire et les conditions météorologiques au moment du crash, explique-t-elle.

Une aile arrachée?

Philippe Dulieu, procureur du Roi de Namur, explique que d'après les premiers éléments de l'enquête, "l'avion a manifestement perdu un morceau d'aile au décollage, puis est rapidement tombé à pic".

Il ajoute que pour échapper au crash, "quatre parachutistes ont sauté de l'avion mais se sont écrasés au sol", quand les six autres passagers ainsi que le pilote sont "restés dans la carlingue, laquelle s'est écrasée au sol et a pris feu".

 

Les causes précises restent cependant à définir, et le rôle de l'enquête judiciaire sera de "déterminer si cette avarie technique est due à un manquement", dit Philippe Dulieu.

Regardez le témoignage du père de l'une des victimes, dans le sujet suivant:
 

Une rupture d'aile, "un phénomène extrêmement rare"

"L'avion était en feu, tout disloqué, et les victimes éparpillées". Le lieutenant des pompiers de Namur, Michel Doumont, a aussi procédé avec son équipe à la recherche des victimes éventuelles et à l'extinction de la carcasse de l'avion qui était en feu, dès l'annonce de l'accident samedi.

Il parle d'une intervention très difficile, "traumatisante" pour les pompiers : "C'est très dur", dit-il."Notre mission est clairement de sauver les vies humaines, or ici il n'y avait déjà plus de survivants quand on est arrivés".

Maxime Wauters, responsable de la sécurité aérienne à l'école de pilotage de Charleroi BFS, explique qu'"une rupture d'aile est un phénomène extrêmement rare" : "C'est évidemment la partie de l'avion qui est soumise au plus de contrôles", dit-il. Il s'est aussi montré étonné, non seulement par rapport à la réputation de robustesse de l'avion, mais aussi de conditions météorologiques "tout à fait favorables" pour un saut en parachute.

Les familles arrivées sur les lieux

Les familles sont arrivées sur les lieux du drame vars 15h50, en un convoi d'environ 50 véhicules. 200 personnes se trouvent sur les lieux du crash. Les familles et les proches étaient invitées par la commune de Namur à se rendre sur place. Pour les équipes du service psycho-social, il s'agit d'une étape importante ds le travail de deuil des familles. "Cette visite encadrée et accompagnée fait partie d'un processus de deuil", a indiqué le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot.

"Le Pilatus PC-6 Turbo Porter est le même que celui de l'accident du 12 mars 2000 à Moorsele, qui avait blessé une dizaine de personnes. Mais cet élément n'est pas forcément pertinent et il peut s'agir d'une malheureuse coïncidence. Une fois reconstruit, un avion a un état de navigabilité identique à un appareil qui n'a jamais eu d'accident", a indiqué Luc Blendeman, de l'Air Accident Investigation Unit (AAIU).

Après le recueillement des proches, l'avion sera déplacé pour être stocké à Beauvechain. "Nous pourrons l'examiner en détails avec le support de la firme qui a fabriqué l'avion. Nous rassemblons tous les éléments qui pourraient nous permettre de comprendre ce qu'il s'est passé", a ajouté l'expert aéronautique.

Une chapelle ardente devrait être mise en place à Gilly exclusivement pour les familles et avec leur accord. Un moment d'hommage devrait se tenir dans quelques jours.

Au club de parachutisme de Cerfontaine, c'est le choc

Les sauts en parachute ont par ailleurs été suspendus pour cette année au ParaClub de Namur en hommage aux 11 victimes, a-t-on indiqué dimanche au club de parachutisme situé à côté de l'aérodrome.

 

Ecoutez le résumé des informations à propos de ce drame, à la mi-journée:


 

RTBF

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