Crash à Gelbressée: l'enquête commence, entre rumeurs et faits

Le long travail d'enquête a commencé
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Le long travail d'enquête a commencé - © Tous droits réservés

Les familles et des proches des 11 victimes de ce dramatique accident se sont rendus sur les lieux du drame accompagnés par des psychologues. Après l'accident, beaucoup de questions se posent sur les circonstances dans lesquelles l'avion s'est écrasé au sol. Une directive de 2007 concernant cet avion pointait des faiblesses au niveau des points de fixation des barres de support des ailes. Le travail d'identification est terminé.

Les enquêteurs doivent déterminer la ou les causes de l'accident. Une aile qui se détache, c'est très rare. Les pannes de moteurs sont beaucoup plus fréquentes.

L'avion avait déjà été accidenté en 2002, mais selon les experts en aéronautique, après deux réparations, un avion accidenté est en principe aussi fiable qu'un nouvel appareil.

Est-ce que l'avion avait été correctement entretenu ? Ce type d'appareil, un Pilatus, qui fait des rotations fréquentes, doit passer à l'entretien toutes les cent heures. L'enquête du parquet de Namur devra déterminer si cet entretien a bien été réalisé.

Une directive de 2007 pointe un défaut sur le Pilatus

Ce que l'on sait en revanche sur le type d'avion qui s'est écrasé est qu'il avait fait l'objet de plusieurs directives de l'agence européenne de la sécurité aéronautique. Cet organisme ordonne des réparations ou des modifications sur les appareils quand c'est nécessaire. Une directive de 2007, réactualisée à plusieurs fois, pointe un défaut sur le Pilatus PC-6, même si Dominique Foudar, de l'agence européenne de la sécurité aéronautique met en garde contre les conclusions hâtives. "Cette directive demandait une inspection à intervalles réguliers des points de fixation des barres de support des ailes de ce type d'appareil à la suite effectivement de constats qui avaient identifié un problème de corrosion. La consigne peut s'adresser aux compagnies aériennes, aux ateliers de maintenance, etc. Ils sont tenus par la loi d'effectuer ces vérifications, des consignes de navigabilité, on en émet beaucoup, on en émet environ 500 par an sur tous les types de modèles.»

Pas de boîte noire sur ce type d'avion

Le procureur du Roi, Philippe Dulieu, a été très clair. Il y aura aussi une enquête pénale afin de déterminer d'éventuelles responsabilités individuelles. On ne peut pas exclure, dans ce type, d'accident une erreur humaine, qui serait imputable, par exemple, au pilote.

Précisons encore que ce type d'appareil ne contient pas de boîte noire, enregistrant tous les paramètres des vols. Mais il n'est pas impossible que des enregistrements de voix, celle du pilote en l’occurrence, existent. Soit à l'aéroport de Temploux, soit chez Belgocontrol. Les enquêteurs ne manqueront pas de poser la question. Tout devrait donc être soigneusement vérifié dans les prochains jours.

Le travail sera long et compliqué

Les experts vont faire face à un véritable puzzle. Des pièces ont été récupérées jusqu'à tard dimanche soir. La défense a ratissé une zone importante: 1 kilomètre et demi sur 3 kilomètres.

Les autorités judiciaires ont mandaté un expert pour réunir tous les éléments permettant d'expliquer les causes de l'accident. Pour y parvenir, l'armée a d'abord rassemblé l'épave et tous les morceaux de l'appareil dans un hangar à Beauvechain. C'est là que les observations vont se poursuivre parmi les questions, bien évidemment, celle de la chute d'une des ailes de l'avion. Philippe Dulieu, procureur du Roi de Namur explique : "Cela a été dit, on sait que l'avion a perdu tout ou une partie d'une aile. Il faudra savoir quelle type d'avarie est survenue et si celle-ci est ou non imputable à une personne précise qui reste à identifier".

Parmi les questions qui demeurent, celle de la trajectoire de l'avion. Est-elle restée conforme à ce qui était en principe prévu ? La réponse devrait venir bientôt : "Le pistage radar de l'avion va être obtenu et nous aurons vraiment l'exactitude de la trajectoire à ce moment là".

L'avion accidenté venait, auparavant, d'effectuer un premier largage de parachutistes

Plus tôt dans la matinée, un autre largage avait été effectué par un autre pilote qui n'a rien remarqué d'anormal. Lors du second vol,il semble, d'après certains témoignages, que le problème soit survenu assez rapidement après le décollage.

Un témoin, dans l'édition de SudPresse, ce lundi, affirme que l'avion aurait été accidenté à l'aile lors de son dernier atterrissage une demi heure avant le vol. Eddy Vandevonder, le responsable du club de parachutisme qui organisait, réfute :"Si il y avait eu quoique ce soit, le pilote serait descendu et aurait vérifié l'avion,c'est clair. Même si l'avion arrive de travers par rapport au vent, ce n'est pas ça qui est vraiment un problème et le pilote contrôle l'avion chaque fois qu'il en descend".

Le travail d'identification des victimes est terminé

Ils s'appelaient Bernard, François, Fabrice, Catherine, Gunther, Laurent, Patrick, Tanguy, Walter, François et Jean-Luc. 11 victimes, 10 parachutistes et un pilote, âgés de 22 à 71 ans.Le travail d'identification est terminé, a indiqué lundi en fin de journée le procureur du Roi de Namur, Philippe Dulieu. Les proches des victimes sont déjà arrivés ou commencent à arriver au funérarium de Gilly (Charleroi), là où le travail d'identification a eu lieu. Les dépouilles des défunts vont pouvoir être rendues aux familles.

Les médecins légistes et les membres de la Disaster Victim Identification (DVI) ont identifié formellement les onze victimes (dix hommes et une femme).

"Les proches peuvent rencontrer lundi soir les professionnels de la DVI pour leur poser toutes les questions qu'ils pourraient éventuellement se poser", a précisé Philippe Dulieu.

Les corbillards conduiront ensuite ou conduisent déjà certaines dépouilles vers les différents funérariums choisis par les familles.

Pas de funérailles en commun

Il n'y aura pas de funérailles collectives mais il pourrait y avoir un hommage collectif si les familles en font la demande. La Ville est à leur disposition si elles le souhaitent, a annoncé lundi soir Benoît Demazy, du service communication de la Ville de Namur.

Les familles des onze victimes peuvent récupérer lundi soir la dépouille de leur défunt. La Ville de Namur dit être à la disposition de celles-ci si elles souhaitent organiser un hommage collectif. "Si hommage collectif il y a, ce sera toutefois après les funérailles de toutes les victimes", a prévenu Benoît Demazy. Il s'agit d'un travail délicat: les membres du service d'assistance aux victimes de la zone de police de Namur qui sont en contact avec les familles depuis le drame discuteront avec elles de ce qu'elles préfèrent. "Rien ne leur sera imposé mais si elles en manifestent le souhait, nous serons prêts", a ajouté Benoît Demazy.

Un registre de condoléances ouvert à Namur

Un registre de condoléances est ouvert depuis lundi matin à la maison des citoyens (rez-de-chaussée de l'hôtel de ville de Namur). Les drapeaux sont en berne.

La population namuroise pourra exprimer sa solidarité vis-à-vis des victimes et des proches des victimes puisque le registre de condoléances est accessible du lundi au vendredi de 8h à 16h ainsi que le samedi matin de 8h30 à 11h30.

Les personnes qui n'ont pas la possibilité de se déplacer peuvent également faire part de leur soutien en envoyant un mail à l'adresseinformation@ville.namur.be.

Tant que les familles n'ont pas récupéré la dépouille de leur défunt, il est très délicat d'en savoir davantage sur les funérailles ou les hommages qui seront rendus, ajoute le service communication de la Ville.

RTBF

 

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