CPAS de Namur: "la crise sociale est inévitable"

CPAS de Namur: "la crise sociale est inévitable"
CPAS de Namur: "la crise sociale est inévitable" - © GM VISION

Le CPAS de Namur a dressé un premier bilan positif de son action durant la crise sanitaire du coronavirus. Comme la plupart des autres institutions publiques, le Centre Public d'Action Sociale namurois a été contraint de réorganiser son fonctionnement du jour au lendemain, la priorité étant d’assurer la continuité de ses services. Ainsi, Namur a été l’une des rares grandes villes de Wallonie à maintenir un hébergement de nuit pour les sans-abris, un centre d'accueil provisoire pour les victimes de violences intra-familiales a également pu être créé ainsi qu'un système d'écoute téléphonique pour les personnes isolées, se félicite le président du CPAS Philippe Noël : "C'est un bilan positif, on a pu activer un grand nombre de dispositifs pour aider les plus fragiles de notre société. On a pu compter sur une mobilisation forte des services communaux mais aussi sur un élan de solidarité des citoyens."

"Pas de mauvaise gestion dans les maisons de repos"

Pourtant, au moins deux maisons de repos (MRS) qui dépendent directement du CPAS Les Chardonnerets à Jambes et La Maison d'Harscamp à Namur  ont connu des situations dramatiques avec chacune plusieurs dizaines de décès. Cette surmortalité ne serait-elle pas, au moins pour partie, la conséquence d'une mauvaise gestion de la crise ? Malgré le bon bulletin que le CPAS s'attribue, n'y a t-il pas eu l'un ou l'autre manquement ? Philippe Noël s'en défend : "Je pense qu'on a rien à se reprocher avec l'état des connaissances qu'on avait. Tout a été donné corps et âme, il n'y a rien qu'on aurait pu faire de plus. Perfectibles, nous le sommes certainement, mais on ne pourra pas dire qu'on a pas été réactifs. Par contre, il y a des questions qui se poseront à l'avenir par rapport à la formation générale de notre personnel. Les métiers des soins de santé dans les maisons de repos sont très forts sur les soins individuels, peut-être pas assez sur le soin collectif".

Après la crise sanitaire, la crise sociale

Alors que la pandémie n'est pas encore enrayée et que les travailleurs sociaux reprennent progressivement le cours normal de leurs activités, le CPAS de Namur se prépare activement à devoir affronter une autre crise, celle d'une deuxième vague sociale qui, selon son président, serait imminente: "Les personnes qui étaient déjà en difficulté n'ont certainement pas été aidées par la crise, auxquelles il va falloir ajouter tout un public devenu plus fragile à cause de la crise elle-même. On s'attend, à l'horizon des 24 prochains mois, à une augmentation de 15 à 45% du public dans les CPAS. L'un des premiers points d'attention concerne l'énergie; de nombreuses personnes n'étaient pas obligées de remplir leur compteur à budget, ces personnes ont probablement accumulé un passif qu'il va falloir résorber et on sait que dès le 1er juillet, on va avoir un afflux de personnes qui n'ont pas su anticiper les conséquences de cette facilité, et donc on a des gens qui vont se retrouver avec des coupures de courant. Pour nous, cette date symbolique du 1er juillet est celle à laquelle on pense que les choses vont évoluer de manière significative. Cela risque d'être vraiment compliqué pendant les deux prochaines années".

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