Covid et confinement : "laissons des traces pour les chercheurs qui se pencheront sur cette période troublée dans 50, 100 ou 500 ans"

Une des photos prises pendant le premier confinement et versée aux archives de la Ville de Bruxelles
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Une des photos prises pendant le premier confinement et versée aux archives de la Ville de Bruxelles - © © Eric Ostermann

Comment garder des traces de la période très particulière que l’on est en train de vivre ? C’est la question que se pose le service des archives de la Ville de Bruxelles. Depuis le mois de mars, il collecte une série de documents. Mais la tâche est loin d’être évidente. Et de nombreux "documents" lui manquent encore.

C’est une des premières fois dans une collecte qu’on organise qu’on n’a pas un seul document papier

Dans les serveurs des archives de la Ville de Bruxelles sont répertoriées aujourd’hui essentiellement des photos de Bruxelles vide, des conversations sur les réseaux sociaux ou encore des vidéos publiées sur internet. "C’est une des premières fois dans une collecte qu’on organise qu’on n’a pas un seul document papier, en tout cas pour le moment" explique Frédéric Boquet, archiviste en chef. " A titre de comparaison, après les attentats de Bruxelles en 2016, on avait pu récolter facilement toute une série de messages, dessins et autres objets que les gens venaient spontanément déposer au pied de la Bourse en hommage aux victimes. Aujourd’hui, c’est à nous d’aller chercher les documents chez les personnes. Il y a moins de spontanéité du public à faire la démarche de donner ses documents. Je pense que les citoyens n’ont pas toujours le réflexe de se dire que ce qu’ils produisent, soit comme document soit comme texte sur internet, a une valeur historique ou culturelle. Et donc que c’est intéressant de les sauvegarder et de nous les transmettre".

Appel aux Bruxellois

Voilà pourquoi les archives de la Ville relancent un appel aux témoignages, notamment des commerçants, des acteurs culturels ou encore des étudiants, particulièrement impactés par la crise. " On peut proposer de mettre en place des projets avec des classes pour que des élèves, par exemple, enregistrent une capsule d’une minute pour décrire leur ressenti, leur vie au quotidien. Mais tout le monde peut nous envoyer ses documents. Profitez-en tant que vous êtes chez vous !". Pas besoin d’outils sophistiqués. Juste un smartphone pour filmer ou enregistrer.

Tous ces témoignages viendront s’ajouter aux documents administratifs (décisions, règlements, circulaires etc. publiés par la Ville pendant la crise Covid). "Nous notre travail se joue à très très long terme. Il faut s’imaginer le chercheur aujourd’hui qui s’interroge sur la grande peste ou sur les pandémies du Moyen-Age. C’est cela que l’on vise dans notre collecte d’archives. Laissons des traces pour les chercheurs qui se pencheront sur cette période troublée dans 50, 100 ou 500 ans ".

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