Covid-19 : décontamination et protection maximale dans les ambulances

Une partie des appareils et équipements de l'ambulance "Covid-19" est recouverte de protections plastifiées
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Une partie des appareils et équipements de l'ambulance "Covid-19" est recouverte de protections plastifiées - © RTBF

Des masques et des lunettes de protection, des combinaisons spéciales, des gants, des désinfectants, une double décontamination… C’est le quotidien des ambulanciers chargés des patients Covid-19 !

En Brabant wallon, deux ambulances sont officiellement dédiées de façon exclusive à ces malades qui doivent être hospitalisés à la suite de difficultés respiratoires et autres symptômes inquiétants du coronavirus. Ces deux véhicules font l’objet d’une convention entre les deux sites ambulanciers du Brabant wallon (Jodoigne et La Hulpe) et le SPF-Santé Publique. L’accord a été conclu dans le cadre de l’épidémie actuelle, pour les transports des patients potentiellement atteints du Covid-19.

Ambulance calfeutrée

Avec toutes les précautions d’usage et après décontamination complète du véhicule, nous avons pu visiter l’engin. "Nous avons calfeutré les tiroirs, le matériel comme le monitoring de l’ambulance, etc. C’est une protection qui évite la contamination de ces équipements", explique Yvan Vanderhaegen, officier des opérations à l’asbl Amicale des corps de sauvetage de La Hulpe. "Autre précaution, la suppression de toute communication (physique) entre la cabine soins et la cabine de conduite. C’est une précaution supplémentaire".

Ambulanciers ultra-protégés

Exposés au patient potentiellement contaminé, les ambulanciers doivent respecter une procédure stricte en matière d’équipement et de protection. "Nous commençons par revêtir une combinaison jetable", poursuit l’officier. "Nous mettons un masque, des gants, des lunettes de protection,… Puis, après l'intervention, nous éliminons les masques, gants et combinaisons". Une protection pour les professionnels, mais aussi pour ceux qu'ils croisent au quotidien. 

Double décontamination

Une fois chez le patient, l’ambulancier soignant prend le malade en charge et l’installe dans l’ambulance, si possible, sans l’intervention du chauffeur et sans contact physique, pour limiter les risques de contamination. "Dès l’arrivée à l’hôpital", précise l’officier, "le soignant se débarrasse de sa combinaison qui sera détruite, tandis que le chauffeur, toujours sous protection, désinfecte le véhicule dans le sas des urgences de l’hôpital".

Mais la décontamination ne s’arrête pas là ! Au retour au poste de secours, l’ambulance subit une seconde opération de désinfection. "Pas question de réutiliser le véhicule pour une autre intervention", insiste Yvan Vanderhaegen. "Celui-ci reste indisponible, car il doit faire l’objet d’une nouvelle désinfection. Nous utilisons divers produits dont le Nocolyse (ndlr : un produit de bio désinfection des surfaces, à base de peroxyde)".

Une coccinelle

La coccinelle. C’est le nom du brumisateur aux allures de coccinelle (cfr photo) qu’utilisent notamment les ambulanciers pour cette seconde phase de décontamination. L’engin pulvérise des millions de microgouttelettes sur toutes les surfaces à désinfecter. "Après une vingtaine de minutes, nous aérons l’habitacle pendant une demi-heure", conclut l’ambulancier. La durée totale de la procédure peut durer plus de deux heures. Jusqu’à trois, voire quatre heures !

Nombre exponentiel de sorties

"Nous avons commencé par une seule sortie Covid-19 par jour", explique Arnaud Félix, président de l’asbl. "Nous en sommes aujourd’hui à trois, voire quatre sorties quotidiennes. Nous sommes limités pour les sorties du véhicule, vu le temps de décontamination. Mais en cas d’urgence, nous pouvons envoyer une ambulance normale. Nous disposons d’un parc de huit véhicules. Notre asbl occupe une centaine de personnes. Nous pouvons encore monter en puissance".

Gestion du stress

"Nous sommes formés pour résister au stress", commente un autre ambulancier. "Nous avons l’habitude des urgences. Reste à voir comment la situation va évoluer". Un soupçon d’appréhension bien compréhensible chez ces ambulanciers qui se donnent à 100% pour sauver des vies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

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