Couvre-feu à Saint-Gilles : une vingtaine d'arrestations en marge d'une manifestation féministe

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées administrativement samedi soir en marge d'une manifestation féministe organisée place Marie Janson à Saint-Gilles. Une centaine de militants ont pris part à l'action qui n'avait pas été annoncée auprès des autorités, ni autorisée.

Elle a tout de même été tolérée par les autorités communales, a fait savoir dimanche la police locale Bruxelles-Midi (Anderlecht/Saint-Gilles/Forest). Peu avant le couvre-feu, les forces de l'ordre ont dû intervenir et appréhender une vingtaine de personnes qui ne voulaient pas quitter les lieux, perturbaient l'ordre public, et ne respectaient pas les mesures Covid en vigueur, selon une porte-parole de la police.


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La manifestation 'Reclaim the Night' était organisée par le réseau Feminists Fight Back, à la veille de la Saint-Valentin. Le réseau entendait dénoncer une fête qui présente "toutes les normes hétérosexuelles" comme romantiques.

"Nous voulons nous mobiliser car les violences conjugales et intrafamiliales qui touchent plus particulièrement les filles et les jeunes LGBTQI+ ont augmenté pendant le confinement, tout comme le harcèlement en ligne, de rue et la diffusion de contenus intimes sans consentement", explique le collectif sur sa page Facebook.


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"De nombreuses travailleuses du sexe se retrouvent sans aide sociale et sans revenu, ce qui les expose d'autant plus à la prise de risques. Nous comptabilisons déjà au moins deux féminicides en Belgique depuis début 2021. Enfin, la proposition de loi qui devait assouplir l'avortement a été sacrifiée au profit de la formation d'un nouveau gouvernement formé précipitamment sous couvert d'urgence sanitaire."


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Le collectif dénonçait également les violences policières, "exercées par l'UNEUS (une brigade de proximité, NDLR), sur trois jeunes femmes en août dernier, après qu'elles aient été harcelées par un homme au parvis de Saint-Gilles. La police avait justifié les violences subies en leur reprochant leur 'tenue légère'".

L'association de "femmes juristes et féministes" Fem&L.A.W a dénoncé l'intervention policière de samedi soir. "La police avait déployé un dispositif de plusieurs dizaines d'agents et d'un canon à eau. Elle a encerclé les manifestants dès le début, empêchant toute manifestation. La police a contrôlé l'identité de toutes les personnes sur place et celles-ci ont collaboré. Elle a malgré tout interpellé 21 personnes pour les relâcher à l'aube", déplore l'organisation.

"Une telle attitude à l'encontre de femmes qui manifestaient de façon pacifique et dans le respect des mesures corona, qui ont communiqué leur identité, témoigne d'une sérieuse restriction de la liberté d'opinion et d'un sens des priorités assez douteux dans le chef des forces de l'ordre."

D'après la porte-parole de la police locale, aucun incident n'a été relevé en dehors des arrestations.

 

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