Couvin: la polémique du "policier Templier" conduit à plusieurs réunions extraordinaires ce lundi

A Couvin, l'écusson d'un policier local représentant la Croix des Templiers continue à provoquer l'émoi. L'agent, qui nie tout lien avec l'extrême droite, sera sanctionné pour faute déontologique. (photo d'illustration)
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A Couvin, l'écusson d'un policier local représentant la Croix des Templiers continue à provoquer l'émoi. L'agent, qui nie tout lien avec l'extrême droite, sera sanctionné pour faute déontologique. (photo d'illustration) - © Belga

L'image publiée dans le cadre d'un reportage télévisé a suscité la polémique, la semaine dernière, à Couvin et à Viroinval. Un policier couvinois de la zone des Trois Vallées arborait sur son gilet pare-balles un écusson représentant la "Croix des Templiers", un symbole parfois utilisé par des mouvements d'extrême droite. L'image a provoqué un véritable tollé. Vendredi, un Collège de police a eu lieu pour examiner l'affaire. Et deux autres réunions sont prévues ce lundi. L'agent sera sanctionné pour "faute déontologique".

Faute déontologique

"Un conseil de police extraordinaire a été convoqué en urgence. Il aura lieu ce lundi soir à 20h", annonce Raymond Douniaux, le bourgmestre de Couvin. "Avec le député-bourgmestre de Viroinval (Jean-Marc Delizée) et la cheffe de corps (Virginie Wuilmart), je donnerai les informations que nous avons recueillies suite aux différentes auditions du policier. Nous soumettrons la proposition d'une sanction. Mais l'agent sait déjà qu'il sera sanctionné pour faute déontologique". 

"Le port d'insignes non autorisés est interdit par le code de déontologie", précise la cheffe de corps, Virginie Wuilmart. "De plus, l'écusson en question peut porter à équivoque au vu des différentes significations possibles. Le policier peut donc être sanctionné."

Dérapage ou bourde?

 "Nous avons auditionné ce policier. Il assure ne pas avoir de lien avec l'extrême droite ou d'autres mouvances sectaires", précise le bourgmestre de Couvin. "Il nous l'a dit et confirmé par écrit. Il affirme regretter la polémique que cette affaire a engendré au sein de la zone de police et parmi les citoyens. Il nous a déclaré qu'il portait cet écusson depuis le 1er janvier 2016 et que personne ne lui avait jamais fait la moindre remarque... Ni la cheffe de corps, ni personne d'autre." Et le bourgmestre d'ajouter que le reportage télévisé a mis le feu aux poudres et a suscité plusieurs articles de presse. "Même si le policier affirme n'avoir aucune sympathie avec l'extrême droite, nous ferons une enquête en interne. C'est la commissaire divisionnaire qui la mènera", précise Raymond Douniaux.

"Je vois ce policier au quotidien. En tant que cheffe de corps, je n'ai jamais remarqué de comportement suspect. Toute la signification qui a été donnée autour de cet écusson, à savoir une appartenance à un mouvement d'extrême droite, des idéologies racistes, xénophobes, voire pour certains medias, le fait qu'il soit radicalisé,... tout cela est faux! Pour moi, il s'agit plus d'un port malheureux pour lequel les conséquences n'ont pas réellement été pesées." Une bourde, donc, aux yeux de la cheffe de corps...

D'aucuns s'interrogent tout de même sur la raison qui peut pousser un policier à exposer ce genre d'écusson... D'autant que d'autres accusations de dérives ont été répercutées auprès de divers organes de presse, ces derniers mois.

Rappel à l'ordre  

"Ce lundi matin, nous organisons une réunion avec l'ensemble du personnel, en présence des membres du Collège et de moi-même", poursuit Virginie Wuilmart. "Nous rappellerons les principes déontologiques et les valeurs de la police intégrée. Nous en profiterons aussi pour rappeler qu'il est dangereux de pouvoir s'exprimer, entre autres, sur les réseaux sociaux. Car les dérives sont possibles." 

Pour le bourgmestre de Couvin, il faudra clarifier la situation, lundi. Et rappeler que le personnel n'est pas responsable de ce qui vient de se passer. "Je fais confiance au personnel. Mais je rappellerai aussi les principes et les valeurs de la police. Il ne peut y avoir de place pour l'extrême droite. Ni au sein de la police. Ni au sein de l'ensemble du personnel communal". Un message que les autorités adresseront d'ailleurs lors d'un prochain collège communal.         

             

  

       

 

           

 

 

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