Couvin 2018: le PS, avec un nouveau candidat-bourgmestre, se maintiendra-t-il au pouvoir ?

Le centre historique de Couvin
Le centre historique de Couvin - © Wikimedia Commons

Couvin, une commune frontalière avec la France à l’extrémité sud de la province de Namur, juste à côté de la botte du Hainaut, est dominée depuis plusieurs décennies par le PS, présent au sein de la majorité communale depuis 1994. En 2006, le PS a même pu ravir la place de premier parti couvinois à son partenaire CVN (ex-EPSC, tendance CdH) permettant à Raymond Douniaux d'accéder au maïorat. Un résultat confirmé et même amplifié six ans plus tard ; en 2012, la liste PS recueillait 33,40% des votes, soit un gain de 5,42% par rapport au scrutin précédent et un fauteuil pour le bourgmestre sortant. 

Aujourd'hui, la donne a changé à Couvin. Dans un premier temps, Raymond Douniaux avait logiquement été désigné pour tirer la liste socialiste et se préparait à être reconduit dans ses fonctions. Mais cette perspective n'enchantait visiblement pas tout le monde... C'est que le maïeur était contesté jusque dans son propre camp. On lui reprochait d’être omniprésent et son manque d’écoute. Si bien que la section locale du parti a décidé, lors d'un second vote, de lui retirer la tête de liste et de l'attribuer à son deuxième échevin Eddy Fontaine. Finalement, Raymond Douniaux poussera la liste socialiste d’où il espère reconquérir son mandat grâce aux voix de préférence. Par ailleurs, pour accompagner ce changement, la liste a décidé d'abandonner l'étiquette "PS" pour devenir #PEP'S, d'inspiration socialiste mais ouverte à des candidats de tous horizons. 

CVN et le groupe MR-IC en embuscade

"Couvin, Vous et Nous" (CVN), partenaire du PS dans l’actuelle majorité, veut gagner ces élections et pourra compter sur la popularité de sa tête de liste, l'actuel échevin des Travaux, Maurice Jennequin qui avait obtenu le deuxième meilleur score toutes listes confondues il y a six ans. 

Autre force qui nourrit de grandes ambitions, dans l'opposition cette fois, c'est l’alliance formée par le MR et le groupe IC. En 2012, le MR avait obtenu 16,04% des voix, à peine devancé par les IC avec 16,83%. Mais, surtout, s’ils avaient cumulé leurs scores à l’époque, ces deux-là auraient pu théoriquement rivaliser avec le PS… C’est bien ce qu’ils espèrent réaliser en 2018 en présentant une liste commune.

Ecolo aussi veut faire mieux que lors du scrutin précédent. Le premier objectif des Verts est de réintégrer le conseil communal: Ecolo avait loupé de justesse le siège il y a six ans. Cette fois, ils visent au minimum un poste de conseiller, deux si possible. On notera également la présence de deux nouvelles listes à Couvin : le parti identitaire d’extrême-droite Nation et de l’autre côté de l’échiquier politique la liste CHE qui revendique l'héritage de Che Guevara. Le Parti Populaire (PP) avait l’intention de se présenter mais a finalement renoncé pour raisons personnelles de sa tête de liste Alain Capiaux.

Tourner la page du contournement

Quelle que soit sa composition, la nouvelle équipe devra gérer l'après-contournement. Pendant des décennies, le centre de Couvin a été traversé par des centaines de camions. Aujourd'hui, le problème est en voie d'être réglé, une partie du contournement a déjà été inaugurée et c'est donc un nouveau projet de ville qu'il va falloir penser. Comment réaménager l'espace pour le rendre plus agréable, plus attractif pour le commerce, par exemple ? Il ne faudra pas non plus oublier que Couvin est la deuxième plus grande entité de Belgique (ndlr: 206,93 km2, Tournai en Province de Hainaut est la plus étendue du pays avec 213,75 km2) comptant pas moins de 14 villages qui, eux aussi, ont des besoins spécifiques en terme de mobilité. La mauvaise qualité des routes et l'offre insuffisante des transports en commun sont d'ailleurs régulièrement pointés du doigt par les citoyens.

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