Courcelles : une explosion dans une entreprise, une école voisine rendue instable et des autorités absentes

C’était pourtant une journée comme une autre dans la petite école de La Motte à Courcelles. Jeudi dernier, à l’heure de la sieste pour les enfants de maternelles, une énorme explosion retentit. Les lumières s’éteignent, les alarmes se déclenchent et les châssis tremblent. Sous le choc, certains jeunes enfants tombent de leur lit et partent en sanglots. "Un énorme nuage de fumée s’est élevé dans les airs et a caché le soleil, explique la directrice Aurélie Pacyna. Des débris sont retombés dans la cour de l’école." Aucun doute dans la tête du personnel encadrant, c’est encore une fois de l’entreprise Keyser que vient l’explosion. Parce que ce n’est pas la première fois. Et que tout le quartier vit au rythme de ces détonations depuis longtemps. "Mais celle-ci était bien plus forte."

L’entreprise Keyser broie des métaux et notamment des voitures. Elle est déjà pointée du doigt pour la pollution au PCB qu’elle rejette dans tout le quartier. Dès que notre voiture s’arrête dans la rue, des riverains nous interpellent. "C’est bien que vous soyez là. Vous êtes là pour l’école ? Mais nous aussi on a des dégâts. Il faut venir voir ! Nous tout le monde s’en fout !" L’homme nous attire chez lui et nous montre les fissures qui lézardent ses murs du plafond au sol. "Alors, on a aussi beaucoup de camions qui passent donc ce n’est pas que Keyser mais à cause d’eux, on a dû arrêter de consommer les œufs de nos poules parce qu’ils étaient pollués au PCB. Et puis les explosions. Ce sont parfois des bouteilles de gaz qui restent dans les coffres des voitures. Et quand ils les broient, ça pète."

Qu’ont fait les autorités pour éviter le pire ?

Les autorités n’ont jamais pu recadrer correctement l’entrepreneur. Mais cette fois, des vies ont été menacées et une école est détruite. Elle était déjà en mauvais état et des projets de rénovations étaient sur la table. L’échevin de l’enseignement, Johan Pétré commence par décrire ce que vont devenir les 200 enfants. Comment ils seront répartis dans les autres écoles de la commune, comment il espère pouvoir faire avancer le dossier de la construction de la nouvelle école.

Mais une question reste sans réponse : pourquoi n’a-t-on pas agi avant ? Pourquoi n’a-t-on pas fait fermer cette entreprise comme le demande la pétition des riverains ? La réponse est fuyante, laconique. "Croyez bien que la bourgmestre et le collège communal ont fait le nécessaire pour la sécurité. Si on n’a pas fermé, c’est qu’on ne pouvait pas et je ne sais pas pourquoi la ministre et la police de l’environnement ne sont pas intervenues. Je ne peux pas vous en dire plus parce que je risque de vous dire des bêtises mais comme vous, je m’étonne que rien n’ait été fait avant et c’est encore une fois le public et les riverains qui vont devoir payer." On en est donc là, l’autorité se demande pourquoi on n’a rien fait avant. Les habitants du quartier se sentent oubliés. À raison.

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