Courcelles : une entreprise de désalcoolisation par Meurens et Stassen

Les événements tels que le Dry January, Janvier Sec en français, ou encore la tournée minérale inciteront peut-être certains à se tourner vers les produits sans alcool. C'est précisément dans le domaine de la désalcoolisation des vins, bières ou encore cidres, que deux familles d'entrepreneurs bien connues des Liégeois, Meurens et Stassen ont investi 6 millions d'euros.

Selon des études menées par le secteur brassicole, les bières sans alcool représenteront 20% du marché d'ici 2025. Le vin sans alcool ne connait pas encore le même succès, mais indéniablement, la demande s'accroît. Première entreprise belge à proposer ce service de désalcoolisation, M.I.S. a flairé le bon coup. Montée en quelques mois seulement, elle tourne déjà à plein régime et offre une capacité de 75.000 litres par jour.

Un procédé unique

Le matériel est allemand, mais Olivier Meurens, administrateur de M.I.S., précise: "nous avons été extrêmement exigeants avec le fournisseur et demandé des améliorations spécifiques à nos besoins. Notre matériel est vraiment au top".

Mais comment cela fonctionne-t-il? Naturellement, en chauffant, l'alcool s'évapore plus rapidement que l'eau, le vin ou la bière. Mais pour ne pas chauffer exagérément ces produits, cette opération est réalisée sous vide. Seuls 25 degrés suffisent à obtenir une évaporation de tout l'alcool contenu dans une boisson. "D'autres procédés moins récents existent mais ne garantissent pas un taux de 0% d'alcool. Ici, nous sommes particulièrement attentifs à bien atteindre ce taux de 0,0%" ajoute Olivier Meurens. Le fait de ne pas chauffer le produit au-delà de 25° permet en outre de ne pas l'altérer et de garder la plus grande partie de ses spécificités gustatives. "Mais il ne faut pas se mentir, complète Olivier, on s'en approche de plus en plus, mais on n'est pas encore exactement sur les goûts du produit d'origine."

La clé du succès : déguster

Parmi les employés de l'entreprise, il y a Thierry Cowez. Ingénieur brassicole et œnologue, il est responsable de la recherche. "En tant qu’œnologue, je suis évidemment amateur de bons vins. Mon travail consiste à ce que le breuvage final m'apporte autant de plaisir qu'un vin alcoolisé. Et je vous garantis que bientôt nous verrons arrivé de très belles choses". Un travail qui passe par la dégustation répétée des produits originaux et finaux, la comparaison des arômes. Des dégustations qui permettent d'affiner ou valider les tests.

Le vin sans alcool n'est plus un tabou

"Il y quelques années encore, l'idée d'un vin sans alcool faisait rire, commente Olivier Meurens, mais aujourd'hui, la demande explose." Face à cette demande croissante, c'est le monde du vin tout entier qui s'intéresse aux procédés de désalcoolisation. "On constate que les producteurs français s'interrogent, nous posent des questions et font des recherches de leur côté", conclut-il. Et Thierry Cowez d'ajouter "nous avons des demandes de tests de très grands noms français qui se demandent ce que donnerait leur vin en version sans alcool."

Lorsque l'on parle de consommation de boissons désalcoolisées, la Belgique semble à la traîne. L'habitude est pourtant déjà très ancrée dans les pays scandinaves, par exemple. Il faut dire que dans ces pays nordiques, la tolérance zéro est de mise en ce qui concerne la conduite sous influence. Ceci a peut-être une influence sur cela.

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