Courcelles : des chauffeurs roumains de l'entreprise Wuns dénoncent la précarité de leurs contrats

Selon la direction de Wuns, engager des chauffeurs via des filiales à l'étranger est une question de survie (illustration).
Selon la direction de Wuns, engager des chauffeurs via des filiales à l'étranger est une question de survie (illustration). - © Belga

Ces chauffeurs ont été engagés via une filiale installée en Europe de l'Est. Depuis deux mois, leurs salaires ne sont plus payés. En cause : des problèmes financiers, dit la direction. Entre-temps, ces camionneurs roumains craignent d'être remplacés par d'autres, encore moins chers qu'eux.

Ils sont une dizaine postés devant l'entrée de leur entreprise. Tous sont sous contrat slovaque mais ils travaillent à partir de la Belgique. "Nous avons un contrat en Slovaquie mais nous travaillons ici, déclare Marios Crichian (chauffeur). Je n’ai pas été une seule fois en Slovaquie, sauf pour signer mon contrat."

Depuis deux mois, leurs salaires ne sont plus payés.  Mais selon la direction, les virements ont été faits. L'argent devrait arriver sur leur compte, en Roumanie, d'ici quelques jours.

Ce problème est donc en passe d'être réglé mais cela ne rassura qu'en partie ces travailleurs venus de l'Est. "Ici, cela va au-delà du simple retard de paiement, lance Daniel Maratta (permanent FGTB). Le vrai problème de ces gens-là, c’est qu’ils vont être remplacés par des Lituaniens, payés huit à neuf cents euros de moins par mois."

Finalement, un membre de la direction viendra à leur rencontre pour tenter de calmer le jeu, pour  expliquer aussi qu'il n'est pas question de privilégier un chauffeur plus qu'un autre en fonction de sa nationalité. "Que ce soit un chauffeur roumain, slovaque, bulgare ou lituanien… C’est le même salaire pour tous ! Le chauffeur belge va peut-être gagner un petit peu plus. Mais en Belgique, ce sont les charges sociales qui nous tuent. Sur un salaire de 2500 euros, un chauffeur va nous coûter 6000 euros. Tandis que dans le cas des chauffeurs de l’Est, cela va nous coûter 3000 euros."

Et ce membre de la direction de préciser que dans le contexte économique actuelle, les sociétés de transports n'ont guère le choix : selon lui, engager des chauffeurs via des filiales à l'étranger est une question de survie

Grégory Fobe

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