Cour-sur-Heure : une autre Église est possible avec Bruno Delavie

Rencontre avec Bruno Delavie au sein de l'église de Cour-sur-Heure
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Rencontre avec Bruno Delavie au sein de l'église de Cour-sur-Heure - © Jean-Claude Lardinois

À 89 ans, Bruno Delavie est une superstar dans sa commune, et même au-delà. Tous les samedis soirs, une cinquantaine de fidèles se joignent à la messe. Au même titre que l’évêque d’Anvers, qui s’exprimait ce week-end, le père Bruno est un progressiste. Il sait que l’Église n’évolue que très lentement et veut changer les choses à la base.

Le chemin qui l’emmène de son domicile à l’église, une petite rue à traverser, Bruno Delavie le connaît bien. Depuis bientôt quinze ans, il est le prêtre résident de l’église Saint Jean-Baptiste de Cour-sur-Heure. Une fois passées son aube et son écharpe, il se poste à l’entrée de l’église, bras ouverts, pour un moment très important à ses yeux : l’accueil des fidèles.

Accueillir les remariés et les homos

"C’est un moment privilégié. L’important est d’être à leur écoute et qu’ils se sentent accueillis quelle que soit leur situation. Il est surtout important d’accueillir ceux que l’Église officiellement rejette. Comme les divorcés, les remariés ou encore les homos", explique le prêtre.

Une église toujours pleine

Ce discours d’ouverture séduit. À Noël, l’église est trop petite pour accueillir tout le monde, et tous les samedis, une cinquantaine de personnes se rassemblent pour la messe autour d’un homme unique en son genre. Elisabeth Vincent, une paroissienne, nous confie : "Il y a 44 ans qu’on suit Bruno partout. Il a marié nos enfants, baptisé nos petits-enfants. On le suit, tout simplement parce qu’on se sent bien avec lui". Pierre Lepage, vient de Jamioulx jusque Cour-sur-Heure, spécialement pour retrouver le père Bruno : "On a trouvé ici une ambiance et une personnalité unique. C’est un prêtre ouvert, accueillant, qui nous embrasse tous à notre arrivée. C’est un peu comme un grand frère", explique-t-il.

Une table ronde en guise d'autel

Malgré ces compliments, le père Bruno fait toujours preuve de beaucoup d’humilité. Au sein de son église, il n’a pas voulu installer d’autel imposant ni surchargé, mais une simple table ronde. "C’est un symbole qui signifie que tout le monde est sur un même pied d’égalité. Il n’y a pas de hiérarchie entre le prêtre au-dessus de tout le monde et les fidèles en-dessous, non. Nous sommes tous des frères et des sœurs", précise Bruno Delavie.

Immortalisé dans une exposition

Cette année, un photographe lui a consacré une exposition. Jean-Luc Lardinois connaissait le prêtre, il a découvert l'homme, ce curé de campagne exceptionnel. "Ce qui transparaît aussi dans certaines de ses photos, c'est son éternel sourire. Je n'ai jamais vu Bruno qu'avec un sourire, même quand il dort. Après deux heures de studio, on l'a retrouvé endormi dans un fauteuil, il avait encore son aube et il souriait en dormant", nous raconte le photographe.

Plus de place pour les femmes

Bruno Delavie garde l'espoir de voir son Église s'ouvrir. Il attend beaucoup du nouveau pape, mais il veut aussi faire bouger les choses à la base. Il donne notamment plus de place aux femmes au sein de sa paroisse : "Il faut vivre avec son temps. La culture actuelle insiste sur l'égalité entre l'homme et la femme. À la rigueur, si vous me demandez mon avis, je suis pour le sacerdoce et même pour l'épiscopat des femmes! Mais ce n'est pas pour aujourd'hui".

Éternel modeste, Bruno Delavie est un peu tracassé par la publicité qu'on lui fait, mais pour son entourage, c'est l'occasion de faire passer un message qui vaut la peine d'être entendu.

Sarah Heinderyckx

Ci-dessous, retrouvez notre reportage diffusé au JT de 13H

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