Costumier à l'Opéra Royal de Wallonie

Fernand Ruiz est costumier de théâtre à l'ORW depuis 1979, d'abord comme réalisateur de costumes et, depuis quelques années, comme créateur. Il dessine un projet en 2 D et le réalise en 3 D.

 

Le costumier d'opéra

Il habille un personnage, une dramaturgie. Il transmet, transpose en costume ce que le metteur en scène veut faire du personnage. Il s'informe de la psychologie du personnage pour pouvoir ensuite lui apporter des formes et des couleurs en accord. Le metteur en scène a toujours le dernier mot.

 

L'histoire d'un costume

Le metteur en scène réunit le créateur du décor, celui de l'éclairage et celui des costumes. Il leur fait part de sa vision de l'oeuvre. Il a dans sa tête les images, les lieux, les mouvements, l'époque et les personnages qu'il veut voir exprimés dans le spectacle. Aux créateurs d'entrer dans cette vision.

Ensuite chaque créateur travaille, progresse, esquisse dans son domaine, tout en retrouvant régulièrement ses collègues pour que décors, éclairage et costumes forment un tout cohérent, complémentaire.

Le metteur en scène ayant donné son accord aux projets de costume, arrive la phase de réalisation dans les ateliers, suivie des premiers essayages et ajustements.

La Costumière est un moment important dans l'élaboration d'un costume de théâtre

C'est la première répétition en costumes. Une répétition technique. Toute l'équipe se retrouve dans la salle autour du créateur: les coupeurs, la modiste, les personnes qui s'occupent des chaussures, des accessoires, des décors vestimentaires.

L'image générale du spectacle sur scène, vue avec le recul, déterminera les corrections à apporter soit au niveau des couleurs, des volumes ou des longueurs, un peu comme une fresque que l'on terminerait. 4 à 5 répétitions en costumes seront nécessaires pour peaufiner la " fresque " et fusionner éclairage, décors et costumes.

Ce travail se fait aussi en étroite collaboration avec le chanteur

Ces répétitions permettent aussi d'améliorer le confort, le bien-être du chanteur par des retouches sur la longueur, la largeur, mais il peut arriver aussi que l'on doive modifier la couleur. Fernand Ruiz a connu et travaillé avec des chanteurs qui ne supportaient pas telle ou telle couleur, par superstition ou autre raison personnelle. Il faut alors trouver un arrangement en ayant à l'esprit qu'il est important qu'un artiste se sente bien sur scène.

 

Les vies d'un costume 

Souvent le spectacle est une coproduction et le costume accompagne la production d'un opéra partenaire à l'autre. Actuellement l'équipe des costumes travaille sur l'Enlèvement au Sérail, une coproduction entre l'opéra de Liège, celui de Montpellier et celui de Nantes. Le spectacle sera joué d'abord à Montpellier, trois mois plus tard à Nantes et l'année prochaine à Liège.

A la fin de la tournée les costumes sont nettoyés, rangés dans la réserve, et peuvent encore être loués pour d'autres théâtres.

Et avec le temps qui passe, les nouvelles productions qui arrivent, les mises en scène qui changent, les costumes ont vécu... et sont vendus aux professionnels et aux particuliers... et c'est une autre histoire qui commence pour le costume.

 

L'équipe costume de l'ORW

- 7 couturières chevronnées

- 2 personnes à la coupe

- 1 personne aux chapeaux

- 2 à la chaussure

- 1 à la déco costume

- 2 à la conservation costume

- 1 personne aux achats

- et le créateur

 

Les plus grands défis pour l'équipe de Fernand Ruiz

Pour Hernani, en coproduction avec Montpellier, il a fallu créer plus de 600 costumes en 6 mois.

Après la générale publique d'un autre spectacle, un kimono en soie a été porté au nettoyage à sec. Ils ont utilisé un mauvais produit qui a complètement brulé le costume, alors que la première se donnait 2 jours plus tard...

Mais chaque création est un défi, il faut trouver, inventer de nouvelles images. Il faut à chaque fois recommencer comme si c'était la première fois, mais avec une expérience accumulée. C'est un des plaisirs de ce métier.

 

Conseils au jeune qui voudrait faire ce métier

Avant tout être habité par la passion. Ne pas avoir peur de faire des heures. Ce métier prend énormément d'heures de travail. Donc commencer jeune, c'est parfait, parce que c'est exigeant physiquement (Fernand Ruiz se souvient avoir travaillé sur des costumes 38 heures d'affilé sans dormir).

Diverses formations sont possibles et souhaitables, le stylisme, la coupe, la couture, le dessin. Ce sont des atouts pour progresser.

La curiosité est indispensable. Il faut lire, se documenter, chercher le pourquoi, le comment de certaines silhouettes, comprendre les matières, appréhender l'Histoire. C'est un métier qui cultive.

 

Quelques chiffres

Quand la réserve est pleine, il faut compter plus de 20.000 costumes

19 personnes dans l'équipe, en comptant coiffeur, habilleur et maquilleur.

Une petite équipe, mais volontaire, têtue, liégeoise, prête à relever tous les défis.

 

Ce 24 novembre, l’Opéra royal de Wallonie mettra en vente une partie de ses costumes

Près de 800 pièces, y compris chapeaux et accessoires, des spectacles seront proposées, provenant des spectacles Ernani, Lucia di Lammermoor, Les Huguenots, La Vie parisienne, Le Bourgeois gentilhomme, Das Rheingold, Die Walküre, Siegfried, Götterdämmerung, La Forêt bleue... Les premières pièces partiront déjà pour 5 € seulement.

Tout au long de cette journée, la salle et la scène seront ouvertes pour permettre la découverte des nouvelles installations de l'Opéra.

Samedi 24 novembre 2012, de 11h à 18h.

 

Philippe Jacquemin

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