Coronavirus : un "grille-pain" à 200 euros pour stériliser les masques

Simon De Jaeger et Eric Haubruge présentent le stérilisateur de masques mis au point à l'université de Liège.
Simon De Jaeger et Eric Haubruge présentent le stérilisateur de masques mis au point à l'université de Liège. - © RTBF - Flou

Désinfecter les masques de protection FFP2 et chirurgicaux plutôt que les jeter à la poubelle après une seule utilisation… Depuis le début de l’épidémie de covid, des chercheurs et des entreprises essayent de développer de nouveaux stérilisateurs pour les hôpitaux, les centres de soins et les maisons de repos. Certains équipements fonctionnent très bien mais ils coûtent aussi très cher : plusieurs dizaines de milliers d’euros. L’université de Liège va tester dans les jours qui viennent un nouvel appareil, tout simple, et qui coûterait à peine 200 euros.

Un toaster qui tue les microbes

L’équipement ressemble à un gros grille-pain. Les masques de protection, préalablement enduits de bleu de méthylène, sont insérés à l’intérieur comme des tranches de pain. Quelques minutes plus tard, ils en ressortent désinfectés. Enfin, en théorie… Car les tests grandeur nature vont seulement démarrer la semaine prochaine.

"Le principe est assez simple, explique Eric Haubruge, ingénieur agronome, professeur à Gembloux agro biotech (ULiège). La lumière rouge diffusée par les lampes LED provoque une réaction chimique : le bleu de méthylène blanchit et produit de l’oxygène qui tue les microbes. Nous allons tester cet appareil sur 200 masques de différentes catégories fournis par l’OMS. Il faut non seulement prouver l’efficacité de la stérilisation mais aussi que les qualités de protection des masques résistent à l’opération".

Infecter les masques avec un coronavirus porcin

Les tests seront réalisés dans le laboratoire de virologie animale dirigé par le professeur Etienne Thiry. "Nous allons infecter les masques avec un coronavirus porcin qui est inoffensif pour l’homme. Cela facilite grandement l’étude. Nous ne sommes pas obligés de travailler dans un laboratoire de haute sécurité de type P3. Et les conclusions seront valables pour le Covid 19."

L’objectif des chercheurs est de mettre au point un stérilisateur bon marché et facile d’utilisation, à destination des régions moins développées du monde, dans l’hémisphère sud où l’épidémie est en plein développement. "Nous ne visons pas les grands hôpitaux où il faut désinfecter des centaines de masques en une journée, explique Eric Haubruge, mais plutôt des petits dispensaires de soins, avec quelques médecins et quelques infirmières."

Si la recherche est concluante, la méthode et les plans de ce stérilisateur de masques seront publiés sur internet, pour les rendre accessibles à tous. Les résultats sont attendus à la fin du mois de juin.