Coronavirus : les petits commerces alimentaires s'adaptent

Gel désinfectant de rigueur avant de commencer les courses, ou de servir les clients
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Gel désinfectant de rigueur avant de commencer les courses, ou de servir les clients - © S. Vandreck

Devant la boucherie de Bernard Bertrand à Braine-l’Alleud, la file s’allonge. Il n’y a pas vraiment plus de clients que d’habitude, mais le commerçant a dû s'adapter à la situation. "On essaie de ne pas avoir plus de quatre clients en même temps dans le magasin, et on recommande à ceux qui font la file dehors de garder une distance d’un mètre cinquante entre eux", précise-t-il. Dans la file, tout le monde prend son mal en patience avec compréhension : "Je trouve ça normal, j’espère que tout le monde va respecter la règle", réagit une dame. "Pourquoi prendre des risques ? Je trouve ça très bien", commente une autre cliente. Il faut dire que pendant la période de confinement qui vient d’être instaurée, les commerces alimentaires seront parmi les seuls à rester ouverts. Ils prennent donc les mesures nécessaires pour protéger leur clientèle et leur personnel.

Eviter les contacts directs

Le boucher a également multiplié les commandes et livraisons à domicile, après la fermeture du magasin. Il reconnaît que la crise n’a pas encore d’impact sur son chiffre d’affaires, mais qu’elle allonge ses journées. A l’intérieur de la boucherie, les clients gardent leurs distances. Tout contact direct avec les vendeurs est évité : les contenants personnels sont désormais refusés, les clients remplissent eux-mêmes leur panier de commissions et sont invités à présenter eux-mêmes leur carte de fidélité pour la faire scanner. Dans l’atelier, le personnel garde ses distances, évite de se parler en face-à-face et se désinfecte les mains avec du gel tous les quarts d’heure.

On est un peu pris au dépourvu, on fait avec nos propres moyens

Pas de gants ni de masques, pour les employés de ce commerce. "On a au moins un mètre entre le comptoir et le client, le masque n’est donc pas utile chez nous. Et les gants ne sont pour moi pas hygiénique du tout : on se lave moins les mains quand on a des gants, ce n’est pas parce qu’on en porte qu’on arrête de se toucher le visage. Ici, on se lave ou se désinfecte les mains entre chaque client", fait remarquer le patron. Autre ambiance, à quelques centaines de mètres de là, dans ce magasin d’alimentation bio et en vrac, le personnel accueille les clients avec masques et gants. Et un flacon pompe de gel désinfectant trône bien en évidence à l’entrée. "Pour l’instant, c’est tout ce qu’on met en place, parce qu’on est un peu pris au dépourvu, confie sa gérante, Marie Libert. On n’est pas très bien aiguillés, donc on fait avec nos propres moyens et avec ce qu’on pense qu’il est bon de faire".

Peu de recommandations de l’AFSCA

L’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, n’a en effet pas émis de recommandations particulières pour ce type de commerce depuis le début de la crise, si ce n’est de continuer d’appliquer les règles d’hygiène habituellement en vigueur, de veiller à garder les distances entre les personnes et de privilégier le paiement par carte. "Il faut dire que dans le secteur des boucheries, nous sommes drillés question hygiène. Il n’y a jamais trop de problèmes", confirme Bernard Bertrand. Marie Libert pour sa part regrette de devoir un peu tâtonner. Comme elle vend des produits en vrac, elle envisage encore d’autres mesures pour préserver les clients et le personnel. "Les clients se servent, mais pour les biscuits et tout ce qui ne se cuit pas, on pense le faire nous-même", explique-t-elle. Elle réfléchit aussi à réduire le personnel à seulement deux personnes dans le magasin, et à se passer le week-end. Mais fermer le magasin serait un non-sens : "Si tout le monde ferme, on va faire face à un gros souci", présume la commerçante. "Si on nous oblige à fermer, on fermera, ajoute Bernard Bertrand. Pour les plus anciens, ça va, c’est comme si on devait prendre trois semaines de congé. Mais je plains surtout ceux qui sont au début de leur investissement. Il risque d’y avoir des faillites s’ils doivent fermer".