Coronavirus: la vente de masques sur le marché de Molenbeek ne sera plus autorisée

Ce démonstrateur ne pourra plus vendre ses masques sur le marché à Molenbeek.
Ce démonstrateur ne pourra plus vendre ses masques sur le marché à Molenbeek. - © FACEBOOK

C’est une vidéo postée sur Faceboook par Jamel Azaoum, échevin PS de Molenbeek-Saint-Jean. Ce jeudi matin, jour de marché sur la place Communale et au parvis Saint Jean-Baptiste, un marchand ambulant vendait des masques alors que la Belgique s’inquiète au sujet de l’épidémie de coronavirus.

La vidéo dure moins d’une minute. On y voit le marchand, micro-casque sur la tête, présenter ses articles au public du marché. Il est installé derrière une table, sous une tente, avec devant lui deux cartons de masques. "Y’a pas de buée qui se met sur les lunettes", explique-t-il, nez et bouche recouverts. "Parce que quand vous avez ça (NDLR : le vendeur présente un masque ne couvrant pas le nez et la bouche de manière hermétique), vous avez toujours la buée qui se met sur les lunettes. Avec ceci, non ! Ce qui a d’important, c’est que (le masque) ferme bien en dessous." S’adressant à une chalande, il ajoute : "Si vous avez une maman, quand elle est à la maison, âgée, quand elle sort elle prend plus facilement les microbes, les virus… C’est bien pour les personnes âgées." La vidéo se termine par une mise en garde : "Vous savez, sur Internet, il y en a qui les vendent à 20 euros la pièce." Sur ce marché molenbeek, le prix de vente est moins élevé mais pas donné : six euros la pièce, dix euros pour deux masques. Les masques proviennent, conclut le commerçant, d’un centre esthétique qu’il possède et qui servent à protéger ses équipes pendant les soins.

C’est mieux de ne plus accepter ce type de commerces

A Molenbeek ce jeudi matin, il s’agissait clairement d’un commerce d’opportunité alors que le pays fait face à une pénurie. Le prix des masques a flambé. En pharmacies, ils deviennent introuvables. L’Organisation mondiale de la santé demande même à chaque pays d’intervenir. L’activité de ce commerçant pose donc questions.

Pour Amet Gnajaj (PS), échevin du Commerce à Molenbeek, le marché est un démonstrateur qui dispose d’une autorisation. "Il faut savoir qu’à l’occasion d’un marché, vous avez des marchands fixes, qui paient un abonnement et des marchands volants". Un rapport de 95%-5% qui va permettre à ses volants, arrivés tôt le matin, de déployer leur stand sur un emplacement autorisé. "Ce marchand, est un abonné. Plus précisément, c’est un démonstrateur qui lui a le droit de changer d’articles mis en vente à chaque marché. Nous avons quatre ou cinq démonstrateurs par marché. Sauf qu’ici, nous nous sommes rendus compte que les masques mis en vente ne sont pas normés, ne répondent pas à une série de contraintes en termes d’hygiène, de présentation… Nous lui avons donc signifié qu’il ne pouvait plus vendre ses masques."

Interdiction valable sur tous les marchés

Mais il y a aussi le contexte sanitaire du moment. "Il vaut mieux de ne pas accepter ce type de ventes vu l’actualité, vu également la gestion de la crise et de la pénurie de masques se font maintenant au niveau fédéral." Cette interdiction vaudra pour le marché du jeudi et les deux autres marchés hebdomadaires (mardi place de la Duchesse de Brabant et dimanche place Communale) se tenant sur le territoire communal.

L’échevin reconnaît que les services ont été pris au dépourvu. "Mais une fois l’autorisation octroyée, il était impossible de déloger le marchand."

Chez DéFI, Rachid Ben Salah, qui doit prochainement remplacer Michaël Vossaert sur les bancs du conseil communal, estime sur les réseaux sociaux que "la peur est un outil marketing très efficace dans ce type de situation. Néanmoins, des règles strictes doivent être respectées pour ne pas engendrer la panique générale dans une ville, une commune ou un village. Il est plus que nécessaire que l’autorité communale prenne des mesures drastiques, comme notamment faire immédiatement stopper la vente de ces types de produits qui ne sont pas normés et qui ne répondent pas à une série de contraintes en termes d’hygiène notamment."

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