Coronavirus : la galère des confinés qui doivent télé travailler avec une mauvaise connexion internet

Difficile de télé travailler quand la connexion internet n'est pas bonne
Difficile de télé travailler quand la connexion internet n'est pas bonne - © RTBF

Ils se plaignent déjà en temps normal de vivre dans ce qu’on appelle une "zone blanche", un territoire mal desservi en services internet. Mais en période de confinement, c’est vraiment la galère, en particulier pour ceux qui doivent télé travailler.

C’est le cas d’Arnaud G, délégué commercial dans le secteur de la grande distribution. "Je dois continuer à bosser de chez moi, notamment tenir des réunions par skype avec des collègues. Mais dans le village où j’habite, aux Tailles (Houffalize), impossible de travailler par internet. Le débit est beaucoup trop lent. Heureusement, une connaissance m’a prêté un gîte dans le village voisin où la connexion est un peu meilleure."

Une heure pour faire du PC banking

Houffalize fait partie des 39 communes wallonnes identifiées en 2016 comme "zone blanche" par les pouvoirs publics, et qui font en principe l’objet d’un programme de rattrapage. Une zone blanche, selon la définition de l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), c’est une commune où au moins 40% du territoire n’est pas connecté à un débit internet d’au moins 30 mégabits par seconde.

"Les choses évoluent très lentement, constate le bourgmestre d’Houffalize, Marc Caprasse. La qualité de la connexion varie d’un village à l’autre. Nous avons tenu un collège par vidéoconférence cette semaine mais un échevin n’a pas pu participer faute d’une bonne connexion internet à son domicile."

Dans le village des Tailles, notamment, les habitants sont encore à l’heure de l’ADSL, avec des vitesses de téléchargement de 2 ou 3 MB/sec. "Il faut parfois une heure pour faire une opération de PC banking, déplore le bourgmestre. J’exagère à peine. N’essayez pas de regarder un film, l’image saute tout le temps…"

Aurélie R habite Les tailles depuis une dizaine d’années ; elle exerce le métier de comptable. Depuis le début du confinement, elle travaille à la maison. Ou plutôt, elle essaye de travailler… "L’ordi "bugge" tout le temps ! Pas question d’être à deux en même temps sur le wifi. Si les enfants surfent sur internet, je dois m’arrêter de travailler."

Dans une autre famille du village, où il y a deux enfants qui font des études supérieures, un des deux est resté dans son kot à Bruxelles parce qu’ils ne peuvent pas travailler tous les deux en même temps à la maison.

Et Proximus lance la 5G…

Il y a quelques jours, Proximus annonçait le lancement de la 5G en Belgique. Cette communication a fait bondir les quelques milliers de Wallons qui vivent encore au rythme de l’ADSL, l’âge de la pierre des réseaux internet.

Cela dit, ces difficultés de connexion accentuées par le confinement ne doivent pas occulter les efforts réalisés ces dernières années pour réduire cette fracture numérique. Un accord passé en 2016 entre le gouvernement wallon et les trois opérateurs de télécommunication a déjà permis de mieux connecter un certain nombre de villages. Si bien que les 39 communes wallonnes concernées ont toutes élevé leur taux de connexion 4G outdoor à plus de 85% actuellement.