Coronavirus: l'Ilot alerte sur l'afflux de travailleurs illégaux dans son centre de jour

Coronavirus: l'Ilot alerte sur l'afflux de travailleurs illégaux dans son centre de jour
Coronavirus: l'Ilot alerte sur l'afflux de travailleurs illégaux dans son centre de jour - © Google Maps

La distribution des repas a doublé en une semaine au centre d'accueil de jour Le Clos situé au Parvis de Saint-Gilles en raison de l'afflux de prostituées et de travailleurs illégaux, a annoncé vendredi L'Ilot, l'ASBL en charge de la gestion du centre.

Le nombre de repas distribués est passé de quelque 25 petits déjeuners et 50 repas du midi la semaine dernière à environ 50 petits-déjeuners et 80 repas du midi cette semaine. Le centre, habituellement actif dans le secteur du sans-abrisme, voit aujourd'hui affluer des prostituées liées à des réseaux et des travailleurs au noir illégaux, principalement actif dans le milieu de la construction mais aussi du nettoyage. Ces groupes issus de pays tiers vivaient de travail non déclaré sur le territoire belge en temps normal.

"Je redoute que ce soit une bombe à retardement qui n'a pas été anticipée", alerte Philip Debuck, directeur du centre d'accueil de jour. "On voit maintenant ce trafic d'êtres humains autour de la prostitution et cette main d'oeuvre venue de l'étranger. Ces gens sont là et il faut s'en occuper, sinon ils vont être contaminés et transporter le virus. (...) On a encore une marge d'absorption, mais en tant que directeur du centre, j'ai envie que mon équipe puisse travailler dans de bonnes conditions. Mon équipe est très motivée, mais je sais que ce n'était plus le cas dans certains centres qui ont dû fermer. On continue, mais on ne va pas tenter d'offrir plus que ce que l'on peut faire."

Il explique avoir reçu 50 masques, jetables après une journée, et deux boîtes de gants pour une équipe de huit personnes.

Parmi les prostituées qui se rendent ces derniers jours au centre, l'Ilot précise qu'il y a également des femmes isolées.

L'ASBL remarque que la précarité est plus féminine que masculine mais que les femmes sont moins nombreuses parmi les sans-abri car elles développent des stratégies d'évitement de la rue comme le recours à la prostitution, la charge des enfants étant souvent un facteur motivant à trouver des solutions financières.