Coronavirus : faut-il organiser un second tour de tests dans les maisons de repos ?

Campagne de tests réalisée dans une maison de repos de Fosses-la-Ville
Campagne de tests réalisée dans une maison de repos de Fosses-la-Ville - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Faut-il tester une nouvelle fois les résidents et le personnel soignant dans les maisons de repos ? Le mois dernier, 200.000 tests ont été réalisés dans les maisons de repos dans les trois régions. Cela a permis d’avoir une photographie à un instant T de la situation. Mais le virus continue de circuler. Et certains pensent que re-tester est nécessaire.

"Le virus continue de circuler"

La Résidence Roi Baudouin de Woluwé-Saint-Pierre est l’une des seules maisons de repos bruxelloises qui a pu réaliser une deuxième salve de tests à quelques semaines d’intervalles. On parle ici de tests PCR, ces frottis réalisés dans le nez ou la bouche.

"On a vu une amélioration des résultats mais on a vu aussi que persistait une certaine activité de l’épidémie", constate Manuel Deschuiteneer, coordinateur médical de la maison de repos. "Le problème de ces tests, c’est que cela permet de répondre à une question : celle de savoir si de personnes sont en train de faire l’infection et sont contagieuses en ce moment même mais ça ne préjuge pas des résultats dans deux ou quatre semaines. Le test par frottis devrait être fait régulièrement mais les budgets sont importants".

Inverser l’ordre des tests

Du coup, certains réfléchissent à une autre approche : re-tester les résidents et le personnel, mais là, avec des tests sérologiques, ceux réalisés par la prise de sang. C’est ce que défend Georges Dallemagne, député fédéral qui accompagne plusieurs maisons de repos bruxelloises : " Ce serait intéressant de faire de la sérologie et de voir quelle est l’immunité acquise par les résidents et par le personnel soignant. Cela permettrait à chacun d’être moins stressé. Le personnel pourrait travailler dans de meilleures conditions et les résidents pourraient peut-être reprendre progressivement une vie normale".


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Certaines maisons ont d’ailleurs déjà lancé un nouveau tour de tests, sérologiques, selon Georges Dallemagne. "Et certaines se rendent compte qu’une majorité des personnes testées ont déjà développé une immunité".

Pour Yves Coppieters, professeur en épidémiologie à l’ULB, le raisonnement se tient : "A ce stade-ci dans l’épidémie, on pourrait inverser l’ordre des tests, dans des collectivités comme les maisons de repos. D’abord faire de tests sérologiques, pour voir quels sont les résidents qui ont développé une immunité parce qu’ils ont été malades ou en présence du virus – et ça permettrait déjà au sein de la maison de repos psychologiquement de voir qui est potentiellement protégé grâce à son immunité acquise et qui est encore à risque. Ces personnes protégées pourraient petit à petit reprendre une vie normale. Quant aux personnes qui sont négatives à la sérologie, il faudrait les tester par des tests PCR au moindre symptôme ou de manière plus régulière".

Une vie qui se normalise petit à petit

Cette information - quelles personnes ont développé une immunité – serait précieuse pour les maisons de repos, qui organisent sans cesse les espaces en fonction de la présence du virus. "Pour le moment, on regroupe plutôt les personnes malades pour qu’elles aient un encadrement plus important avec plus de matériel, etc", explique Manuel Deschuiteneer. "Ces tests pourraient mener à un nouveau concept et de considérer que ceux qui ont passé le cap et qui présentent des anticorps, 'vous ne risquez plus rien', on pourrait être plus cool sur les visites par exemple et la réalisation d’activités en groupes".

Pour que la vie normale reprenne petit à petit dans les maisons de repos aussi. Et éviter le syndrome de glissement chez certains résidents. Reste que cette campagne de tests dans les maisons de repos est liée à la question du remboursement de ces tests sérologiques.

L’INAMI a d’ailleurs publié une nouvelle stratégie de remboursement. On attend encore la publication de l’arrêté royal qui le permet. Reste aussi les questions autour de l’information que donne ce test sérologique : "ce test ne prouve pas avec certitude à quel point vos anticorps vous protègent, ni pour combien de temps", selon Sciensano.

Sujet du JT du 09/05/2020 – Homes : témoignages d’une tragédie

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