Contrôle de l'identité des patients: les infirmiers pas tout à fait satisfaits du système

Les infirmiers à domicile sont désormais équipé d'un lecteur de carte d'identité
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Les infirmiers à domicile sont désormais équipé d'un lecteur de carte d'identité - © S. Vandreck

Depuis ce 1er octobre, les infirmiers et infirmières à domicile doivent scanner la carte d’identité de leur patient à chacune de leur visite. Une mesure imposée par l’INAMI pour leur faciliter la tâche et lutter contre les fraudes. Mais, sur le terrain, beaucoup constate que le système a pas mal de ratés. "Sur une tournée, on a au moins trois ou quatre patients qui sont en défaut, déplore Brigitte De Grauw (Itw audio ci-dessous), infirmière indépendante dans la région de La Louvière. Certains sont confus, ne retrouvent plus leur carte. On passe du temps à la chercher dans la maison, et parfois on ne la retrouve pas. Il y aussi le cas des nouveaux patients, qui n’ont pas été mis au courant et dont la carte est parfois périmée". Le lecteur de carte lui-même, relié au smartphone de l'infirmière, met parfois plusieurs minutes à se mettre en route. "Et au lieu de terminer ma matinée à 13h, je termine à présent vers 14h-14h30".

Des patients pas assez informés

Les infirmiers indépendants disent pourtant avoir fait le maximum pour informer leurs patients de cette nouveauté, plusieurs semaines à l’avance. "Mais l’INAMI n’a, pour sa part, pas suffisamment donné d’explications au public, regrette Kevin Sciuto, infirmier indépendant à La Louvière. Parmi nos patients, nous avons énormément de personnes âgées. L’INAMI renvoie vers son site web, mais une personne de 80 ans ne va pas forcément aller s’informer sur le web!". Les patients les plus âgés ne font d’ailleurs parfois plus la démarche de renouveler leur carte d’identité. Un autre problème qui se pose régulièrement est que les enfants ou le conjoint ont emprunté le document, pour se rendre à la pharmacie, par exemple. C’est pourquoi plusieurs associations du secteur réclament à la Ministre de la Santé que les trois derniers mois de l’année tiennent lieu de période d’essai. Elles n’ont pas encore obtenu de réponse.

Un manque à gagner pas encore évalué

Que risque ces prestataires de soin lorsque leur patient ne présente pas sa carte d’identité? A part du retard dans leur tournée, certains craignent une perte de revenus. Car sans la carte d’identité, l’infirmier ne peut pas appliquer au patient le régime du tiers payant et donc lui facturer la totalité du soin. "L’INAMI nous autorise une marge de 10% d’erreur. Et nous pensions au début que, si nous la dépassions, nous ne serions pas payés pour les prestations mal encodées. Mais nous avons appris que, via le système, l’INAMI serait informé et ferait de contrôles pour vérifier si ce pourcentage pouvait-être validé ou pas", poursuit Kevin Scuito. L’inquiétude se manifeste notamment sur la plate-forme "Les Tabliers blancs", qu’il a lancée avec d'autres infirmiers. Et notamment sur sa page Facebook. "On s’est rendus compte que la pression, le stress, étaient fort présents chez les infirmiers indépendants. Et je crois que cette pression va se prolonger jusqu’à la fin de l’année car nous saurons seulement courant novembre comment cela va se passer au niveau de la tarification et de la facturation auprès des mutuelles". L’INAMI annonce que ce système devrait être étendu à d’autres dispensateurs de soins, comme les dentistes, dès 2018.

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