Contrôle de l'AFSCA dans les écoles: ne va-t-on pas trop loin?

Pourra-t-on encore fêter un anniversaire avec un gâteau à l'école ?
Pourra-t-on encore fêter un anniversaire avec un gâteau à l'école ? - © rtbf.be

Peut-on encore apprendre à cuisiner et faire découvrir les aliments aux enfants dans les écoles ? On peut se poser la question après un contrôle mené par l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire dans une école communale de Pont-à-Celles.

L'agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire s'est montrée assez sévère et pointilleuse sur les activités culinaires qui peuvent, ou non, être organisées en classe.

L’école communale d’Obaix (Pont-à-Celles) accueille environ 120 élèves de l’enseignement fondamental. Il y a quelques jours, deux inspecteurs de l’AFSCA sont venus effectuer un contrôle dans le réfectoire. Selon le directeur de l'école, Michel Orlandi, "ce jour-là, les enseignants avaient proposé aux parents de faire un repas spaghetti avec les enfants pour diminuer le coût d’un voyage pour les écoliers. Dans la cuisine, il y avait une sauce à spaghetti confectionnée par les enseignantes le matin. Elle avait été déposée chaude sur la cuisinière de manière temporaire pour refroidir et non dans le frigo. Les inspecteurs ont demandé la destruction de la sauce car sa température se trouvait entre 10 et 60° ce qui peut entraîner la prolifération de bactéries."

Suite à cet incident, les inspecteurs ont passé la cuisine de l’école au crible relevant, au passage, le manque d’un joint de silicone dans l’évier.

S’en est suivie toute une liste de recommandations qui exige la traçabilité des ingrédients utilisés lors de repas organisés dans les classes. Et Michel Orlandi de poursuivre : "Plus question, par exemple, pour les enseignants de préparer des croque-monsieur. A moins de suivre une journée gratuite de formation offerte par l’AFSCA. Avec l’obligation de pouvoir exhiber un bon de livraison pour le jambon, le fromage et le pain : tout ça pour tracer les origines des aliments utilisés."

Les enseignants d’Obaix ont donc décidé de continuer à faire des recettes pédagogiques mais ils ne prépareront plus d’autres repas afin de respecter tourtes les normes.

Pour le porte-parole de l’AFSCA, Jean-Paul Denuit, " l’Agence ne se préoccupe pas de tout ce qui est privé : les gâteaux et les crêpes, confectionnées par les parents ne sont pas de sa compétence. Elle se contente de faire des recommandations, les mêmes que celles qu’elle formule aux consommateurs à propos des denrées périssables et de la validité des ingrédients utilisés. "

La direction de l’école d’Obaix a demandé une réunion avec l’AFSCA pour discuter de l’application des recommandations.

Cédric Loriaux, Tristan Godaert, Daniel Barbieux

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