Contournement de Wavre: les réactions se multiplient

Un paysage aujourd'hui menacé par le projet de route de contournement de Wavre
Un paysage aujourd'hui menacé par le projet de route de contournement de Wavre - © Tous droits réservés

Le dossier du contournement nord de Wavre n’en finit pas de faire parler de lui. Hier on apprenait que la fonctionnaire déléguée du Brabant wallon avait octroyé le permis pour la construction de ce contournement. Aujourd’hui c’est au tour des riverains et des associations locales de réagir.

Avec ce constat : ce tronçon de 3,5 kilomètres entre le rond-point de la Noire Epine à Wavre et la N25 à Doiceau reste très controversé. Le dossier remonte aux années 1970. Il a déjà connu de multiples rebondissements. Et ce n’est peut-être pas le dernier ", reconnaît la Bourgmestre de Wavre, Françoise Pigeolet.

Et de fait, ce projet de 27 millions d'euros ne fait pas que des heureux. Censé désengorger le centre de Wavre et ses alentours, il suscite de nombreuses réactions. 4229 réclamations ont été introduites lors de l’enquête publique, tant à Wavre qu’à Grez-Doiceau.

La biodiversité en danger

Une douzaine d'associations s'inquiètent aussi de l’impact de ce projet sur l’environnement. Jacques Stenuit de l’association " Les amis du Parc de la Dyle " explique que beaucoup de Wavriens risquent de perdre des espaces verts dont ils profitent à l’entrée de la ville. " Il faut aussi insister sur l’importance des espaces qui vont être traversés. Ce sont des refuges pour la biodiversité. "

Le président de Natagora Brabant Wallon, Julien Taymans, confirme que ce projet menace la biodiversité. " Le contournement traverse deux sites de grands intérêts biologiques qui comprennent des habitats remarquables, insiste Julien Taymans. Il passe juste à proximité d’une site Natura 2000 avec sans doute un impact significatif sur son alimentation en eau. "

Projet d’un autre temps

Catherine Buhbinder du quartier du Culot estime qu’il s’agit d’un projet d’un autre temps. " Ouvrir des routes nouvelles, on sait très bien que c’est un appel aux voitures et que cela ne résout pas les problèmes. Plus on crée des routes, plus il y aura des voitures, regrette-t-elle en regardant le paysage. Surtout que cela va très vite être saturé. L’étude d’incidence a montré que le soulagement qu’on aura obtenu un petit temps n’aura plus aucun effet au bout de 5 ans. "

Bernard Debry est agriculteur. Son exploitation et ses terrains sont directement touchés par ce projet. " Il n’est jamais agréable d’apprendre qu’une route va diviser les parcelles agricoles en deux avec toutes les difficultés d’exploitation étant donné le relief. En plus, le trajet retenu ne tient pas compte des expropriations précédentes et du tracé qui avait été négocié en 1990 et qui apportait beaucoup moins de dommages et de divisions et qui maintenait le contournement à une distance beaucoup plus respectable des maisons les plus proches. "

Recours en vue

La commune de Grez-Doiceau est aussi fermement opposée à ce projet. Le contournement de Wavre passe en partie sur le territoire de la commune qui craint des problèmes de mobilité. Le Bourgmestre de Grez-Doiceau (cdH), Alain Clabots ne mâche pas ses mots. " On va avoir en quelque sorte une sortie d’autoroute du type E 411 qui va nous amener des voitures directement en plein centre du Hameau de Gastuche et dans le centre de Grez-Doiceau juste après où on est déjà en saturation totale le matin et le soir. On a des bouchons dans un petit village comme le nôtre qui remontent sur deux ou trois kilomètres en amont du village. "

La commune de Grez Doiceau et les associations opposées au contournement devraient introduire des recours dans les prochains jours.

 

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