Conseil national de sécurité : voici pourquoi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort n'a pas pris la parole

Rudi Vervoort, ce vendredi soir, en conférence de presse.
Rudi Vervoort, ce vendredi soir, en conférence de presse. - © POOL DAINA LE LARDIC - BELGA

Une Première ministre entourée de cinq ministres-présidents : Sophie Wilmès (MR) donc et Elio Di Rupo (Région wallonne), Pierre-Yves Jeholet (Fédération Wallonie-Bruxelles), Jan Jambon (Flandre), Oliver Paasch (Communauté germanophone) et Rudi Vervoort (Région de Bruxelles-Capitale). Lors de la conférence de presse organisée vendredi soir, à l’issue du Conseil national de Sécurité, tous ont pris la parole.

Tous sauf un, Rudi Vervoort. Sur Twitter, le silence du Premier des Bruxellois a fait réagir. Rajae Maouane, co-présidente d’Ecolo, s’en étonne. Et laisse entendre que Bruxelles avec ses 1,1 million d’habitants a été écrasée par les autres Régions et même par la plus petite communauté linguistique du pays.

Alexia Bertrand, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois va dans le même sens. "Je pensais que Bxl était une région à part entière. Ce soir, j’ai entendu, aux côtés de Sophie Wilmes, les Ministres-présidents Elio Di Rupo et Jan Jambon pour les régions et Pierre-Yves Jeholet et Oliver Paasch pour les communautés. Mais où est passé Rudi Vervoort ?" Un Rudi Vervoort présent physiquement mais absent médiatiquement, à un moment important de l’histoire de la Belgique, selon la libérale de Woluwe-Saint-Pierre.

Mathias Vanden Borre, député bruxellois N-VA, va plus loin et s’étonne de l’absence de Rudi Vervoort "lors du dernier mois et demi". Le socialiste s’est pourtant exprimé jeudi matin dans le "6-9 Ensemble" sur La Une au sujet de la commande régionale des masques. Il a également pris la parole à l’issue de chaque Conseil régional de la Sécurité, la réunion qui, à l’échelle bruxelloise, fait appliquer les décisions prises en Conseil national de Sécurité. Le prochain Conseil régional de Sécurité se tient d’ailleurs lundi à 14 h 30.

Manque de charisme ? Complexe d’infériorité ? Rudi Vervoort, critiqué pour son absence de visibilité par les uns, loué pour sa capacité à rassembler les points de vue pour d’autres, n’a pas pris la parole vendredi soir tout d’abord parce que les principales matières abordées relevaient de l’Etat fédéral et des Communautés. Avec deux axes principaux : l’enseignement pour les écoles et l’économie pour la réouverture des commerces non essentiels. En marge, il a également été question de la pratique du sport, de l’horeca, des activités récréatives, des déplacements en Belgique et du port du masque désormais recommandé.

Des domaines plutôt généraux qui s’appliquent à tous les citoyens du pays. Et si Sophie Wilmès a monopolisé la parole au cours de cette conférence, c’est aussi parce qu’elle préside le Conseil National de Sécurité.

Ridicule de se partager trois minutes

Pour le principal intéressé, l’explication est ailleurs, dans l’organisation même de la conférence de presse. Celle-ci a débuté très tard, après 22 h, soit plus de sept heures après le début du Conseil national de Sécurité. "Il y avait une répartition de prise de parole en fonction des compétences et du rôle linguistique", précise Rudi Vervoort à la RTBF. "Elio Di Rupo et moi étions censés intervenir sur le 'tracing' (NDLR : la localisation technologique des citoyens) en français, Jan Jambon en flamand et Olivier Paasch en allemand. Je trouvais particulièrement ridicule que l’on se partage trois minutes pour parler 'tracing'."

A ce titre, le ministre-président wallon a parlé du suivi des personnes "qui ont été approchées par une personne contaminée" et de la mise en place d’un "call center" dans chaque Région avec la présence de 2000 opérateurs. Son intervention qui résumait l’ensemble de la question a duré un tout petit plus de trois minutes.

La question des écoles a été abordée spécifiquement par les ministres-présidents communautaires, puisqu’ils exercent aussi la tutelle sur l’enseignement en Région bruxelloise.

En tout cas, cette conférence de presse, si elle n’a pas permis d’entendre Rudi Vervoort, aura mis en avant Oliver Paasch, ministre-président germanophone. Rarement dans l’histoire politique du pays, la Communauté germanophone a été associée à la communication de crise du pouvoir fédéral. Oliver Paasch était également présent lors des précédentes conférences de presse du Conseil national de sécurité. Hier, malheureusement, son intervention n’a pas pu être doublée, au contraire des prises de parole en néerlandais.

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