L'entreprise Durobor à Soignies dépose le bilan, 140 travailleurs perdent leur emploi

Un conseil d'entreprise extraordinaire a eu lieu ce mardi matin chez Durobor à Soignies. C'était une surprise. Et c'est une mauvaise nouvelle qui est tombée : l'usine va fermer. C'est donc bien un dépôt de bilan qui a été annoncé ce matin. Quelque 140 travailleurs perdent leur emploi.

"Les banques n'ont pas soutenu la demande de crédit de la dernière chance de 10,5 millions d'euros. Quelque 140 travailleurs se retrouvent sur le carreau après avoir accepté tous les sacrifices qui leur avaient été demandés depuis 2012", souligne la FGTB dans un communiqué. Pour sauver la gobeleterie sonégienne, des pertes d'emplois ont en effet été consenties, de même une baisse de salaire de 19% pour le personnel restant, "réduit au strict minimum, depuis la reprise de l'entreprise en juin 2017 par Herman Green". Pour la FGTB, les causes de l'issue sont multiples : "L'employeur n'a jamais respecté ses promesses d'investissements lors de la reprise de Durobor en 2017", a indiqué Stefano Fragapane (FGTB). Une nouvelle usine, de nouvelles machines à hauteur de seize millions d'euros avaient, à l'époque étaient annoncées. "C'était donc de la poudre aux yeux", a poursuivi le représentant de la FGTB. "Tout ce que la direction a fait, c'est vider les stocks. Les banques ont, pour leur part, placé la barre tellement haut pour accorder leur confiance, que la viabilité de l'entreprise devenait impossible."

Selon la CSC, la porte n'est pas complètement fermée par la direction. "Un curateur doit être désigné qui prendra en main le sort de l'entreprise", a indiqué Rico Zara (CSC).

On le sait, la gobeleterie Durobor était en difficulté. Depuis la reprise de l'usine en 2017 par le Hollandais Herman Green, rien n'a jamais tourné rond. Menaces de grèves, crispations sociales et un incendie il y a un an. L'usine produisait toujours des verres, notamment les verres à bière de chez Inbev, mais les commandes devenaient rares et, surtout, les machines étaient usées et dépassées. Avec, pour conséquence, un trop grand nombre de défauts dans les verres.

Le patron avait annoncé un plan d'investissement de seize millions d'euros pour acheter de nouveaux outils. Le bras financier de la Région Wallonne, la Sogepa, actionnaire à 48 %, était en appui derrière le projet. Mais il fallait aussi l'accord des banques.

La nouvelle du dépôt de bilan a donc été confirmée ce mardi par Herman Green, le patron de l'entreprise, et la Sogepa. Les banques n'ont pas soutenu la demande de crédit de la dernière chance de 10,5 millions d'euros. Herman Green serait disposé à travailler avec le curateur pendant une dizaine de jours pour explorer toutes les pistes possibles de partenariats. La région du Centre perd l'un de ses fleurons industriels. L'origine de l'entreprise remonte à 1928. La marque Durobor, incontournable en Belgique, avait été lancée en 1935.

Il s'agit donc bien de la fin d'une longue histoire sonégienne.

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