Congrès des Alcooliques Anonymes: "Il faut que le déclic arrive le plus tôt possible"

Les membres des AA sont abstinents ou tentent de le devenir
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Les membres des AA sont abstinents ou tentent de le devenir - © S. Vandreck

Il se voient au moins une fois par semaine dans des groupes de parole organisés en de nombreux endroits du pays, mais une fois par an les AA, les Alcooliques Anonymes, tiennent un congrès qui rassemble près de 1200 personnes. Cette année, c’est à Ramegnies-Chin, près de Tournai, qu’il était organisé.

"L’idée est de permettre d’entendre un maximum de témoignages différents, qu’on n’entend pas dans les groupes de parole habituels et d’ainsi progresser dans son abstinence", explique Emmanuel, le porte-parole du mouvement. "On ne donne pas de conseils, on ne dit jamais ce qu’il faut faire à un ami qui est en détresse. On ne fait que parler de sa propre expérience, de ce qu’on a vécu et de comment on arrive à s’en sortir. Parmi tous les témoignages qu’il entendra, il trouvera toujours quelque chose qui va l’interpeller et le faire réfléchir".

Soigner l’âme, en complément de la médecine qui, elle, soigne le corps, tel est le credo de ce mouvement né aux Etats-Unis en 1935 et qui s’est développé chez nous dans les années 50.

Une abstinence heureuse

Le thème choisi cette année est "Eclats de verre, éclats de vie, éclats de rire", ou comment vivre une abstinence heureuse. A l’entrée les participants sont invités à choisir un verre vide, verre à vin, à bière ou à liqueur, et à le jeter symboliquement dans une bulle à verre. Des participants qui tiennent à rester discrets: "L’anonymat, c’est la base spirituelle de notre mouvement. Cette maladie est toujours très mal comprise à l’extérieur. Pour que quelqu’un puisse s’exprimer librement, dire ce qu’il a sur le cœur, il a besoin de savoir que ce qui va se dire au cours des réunions ne sera pas répété à l’extérieur. Il est capital pour nous de préserver cet anonymat. Aujourd’hui, comme les noms de famille sont facilement dévoilés sur les réseaux sociaux, ça peut poser quelques soucis. Seul un alcoolique peut comprendre un autre alcoolique", poursuit Emmanuel.

Difficile de toucher un public plus jeune

Des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales forment le mouvement, mais les jeunes, eux aussi fortement touchés par l’alcoolisme, restent minoritaires. Le mouvement estime ainsi son nombre de membres de moins de 30 ans à seulement 1%. "Avant un certain âge, la prise de conscience par rapport à la consommation d’alcool n’est pas assez présente. Au vu de ma propre expérience, tout ce que je peux souhaiter, c’est que ce déclic arrive le plus tôt possible, avant que la maladie ne commence à faire des ravages physiques".

Le porte-parole plaide pour davantage de sensibilisation de ce public via les médias. Et pour une meilleure information sur le rôle exact des AA: "Si on m’avait dit, quand je suis rentré dans le mouvement, que je ne boirais plus jamais de ma vie, je serais parti en courant. On m’a plutôt dit: '’aujourd’hui, tu ne boiras pas’’… et ça fait bien longtemps".

 

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