Confinement : que peuvent faire les couples qui ne vivent pas sous le même toit ?

Cela fait partie des questions délicates en ces temps de confinement forcé. Des couples non-mariés et qui ne vivent pas sous le même toit peuvent-ils se voir et se déplacer chez l’un ou chez l’autre ? Est-ce un déplacement essentiel ? La réponse est oui ! C’est considéré comme un déplacement essentiel pour les milliers de couples concernés. Mais attention, les autorités rappellent que même dans ces situations particulières, il faut limiter au maximum son cercle de contact.

Face à cette situation de confinement, Sophie Dumont qui habite la région de Charleroi et vit seule avec un de ses fils en garde partagée, a très vite pensé à sa relation avec son compagnon. Quelques jours par semaine, elle le rejoint et dès l’annonce du confinement strict la question de leur déplacement chez l’un ou chez l’autre s’est posée : "Directement, on s’est renseigné et on nous a dit que pour les couples qui vivaient seulement quelques jours par semaine ensemble, ils pouvaient continuer à se voir pour autant qu’ils évitent tous les autres contacts en dehors de celui-là "

Confirmation d’ailleurs avec ce qu’on peut lire dans le question/réponse du centre de crise : "Rendre visite à votre partenaire est considéré comme un déplacement essentiel."

Mais pour Sophie Dumont, pas question pour autant de faire n’importe quoi. L’enjeu est de limiter au maximum le cercle des personnes qui sont en contact : "Mon fils passe une partie de la semaine avec moi et l’autre avec son père. Son père ne voit personne d’autre que lui. De mon côté, je vois mon compagnon et lui ne voit personne d’autre. Bref, il n’y a des interactions, au final qu’entre 4 personnes maximum."

Des déplacements à effectuer avec prudence

Côté justice, on insiste, si ces déplacements sont considérés comme essentiels, ils doivent s’effectuer avec prudence. "Il faut raisonner en termes de santé publique, précise Ignacio de la Serna, procureur général de Mons. Il faut se poser la question : est-ce que le déplacement que je fais met en danger la santé de quelqu’un ? C’est la bonne question. Si, évidemment vous ne voyez que cette personne-là et de même pour l’autre et bien le risque est proche de zéro. Par contre, si vous et votre compagnon, vous voyez d’autres personnes en plus alors là le risque est réel."

On l’aura compris, le plus important est donc de tenter de limiter au maximum les contacts. C’est faisable, hautement souhaitable, mais difficilement contrôlable. Donc les autorités en appellent au sens des responsabilités de chacun.

"C’est essentiel, conclut Sophie Dumont. Notre crainte est que notre mode de vie mette en danger quelqu’un. On fait donc très attention. Nous avons un couple d’amis qui ont choisi de ne plus se voir pendant cette période parce qu’un des deux membres du couple continue à voir ses parents. Le risque est trop grand et je pense qu’ils ont fait le bon choix."