Concours à La Louvière: qui sera le meilleur trancheur?

Canard, jambon, sole meunière ou ananas, autant de produits à trancher à l'Institut Saint-Joseph de La Louvière ce mercredi.

Une quinzaine d’élèves venus de tout le pays et du Nord de la France se sont affrontés dans un concours de trancheurs. Un peu nerveux, les candidats pratiquent l’art de la découpe sous le regard intransigeant de professionnels du secteur.
 

Rapidité, propreté, prestance

Avant toute chose, nous leur demandons quelles sont les qualités d'un bon trancheur. Pour Valentin Stapelle, 20 ans et élève en 7ème sommellerie à l'école hôtelière provinciale de Namur, il faut avant tout gérer son stress : "Il faut rester zen, faire un beau travail devant le client. Une belle présentation de soi et une belle découpe du produit. Il faut respecter le produit et bien le servir au client pour qu'il soit content".

Les membres du jury rappellent que pour les viandes ou le poisson chaud, il faut aussi aller vite pour que les produits ne se refroidissent pas. "On cote notamment la prestance du candidat", ajoute Christophe Corbesier, responsable du secteur hôtellerie au SEGEC, "je trouve que c'est vraiment important. La propreté aussi, malheureusement certains candidats laissent des petits déchets sur la table de service, ça fait des points en moins. Puis il y a évidemment le résultat final. Il faut des tranches régulières, bien propres et bien présentées".

Une technique qui se perd

La découpe en salle, une technique impressionnante un peu tombée en désuétude ces dernières années. Parmi les membres du jury, Norbert Van Moortel, ancien maître d'hôtel dans un restaurant étoilé. Il explique que pendant des années, il a tranché des aliments à la table de ses clients, mais que cela se fait de moins en moins. Mais cela pourrait bien revenir au goût du jour.

"En salle, aujourd'hui, les serveurs sont presque devenus des porteurs d'assiette. Tout se passe en cuisine, et ils déposent l'assiette en salle en disant ce qu'elle contient", explique Norbert Van Moortel, "Mais quand quelqu'un est assis à table et qu'on découpe un canard devant lui comme le font les jeunes ici, il faut reconnaître que c'est fantastique".

Évaluer son niveau

Pendant le concours, les élèves sont aussi amenés à répondre à des questions sur les produits qu’ils travaillent comme leur origine, leur prix ou les préparations qu'ils conseilleraient au client. Pour tous ces jeunes, le concours est l’occasion de se confronter à d’autres apprentis.

Richard Garin, professeur à l’institut Saint-Joseph de La Louvière et organisateur du concours précise : "On leur montre qu’ils peuvent se confronter à des candidats venus d’écoles mieux réputées en Belgique, et ils se rendent compte qu’ils sont loin d’être ridicules".

Une expérience enrichissante

Mais quel que soit le résultat final, c’est avant tout une belle expérience qui permet à de futurs professionnels de se dépasser.

Cécile Dasseleer, 20 ans et élève en 6ème hôtellerie à l’institut Ilon Saint-Jacques de Namur, nous confie : "C’est vrai que c’est un plus. Cela va m’enrichir personnellement. Je suis fière de pouvoir me dire que j'ai eu la chance, l'honneur et aussi le courage de me lever ce matin, d’être venue et d’être là, souriante".

Pour sa troisième édition, le concours permet une nouvelle fois de rappeler que l’enseignement technique peut mener à l’excellence.

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