Comportements dérangeants en centre-ville: la ville de Mons retape sur le clou

"La note ne cible pas tous les SDF", rappelle-t-on du côté de la Ville
2 images
"La note ne cible pas tous les SDF", rappelle-t-on du côté de la Ville - © google maps

Les SDF vont-ils devoir bientôt quitter les trottoirs du centre-ville de Mons ? C'est en tout cas le sentiment de certains, qui ont reçu dernièrement, un avertissement. Un courrier qui interpelle Nadia Dupont, bénévole dans une association qui vient en aide aux sans-abris sur Mons: "L’un d’entre eux m’a interpellée après avoir reçu ce courrier des mains d’un policier. Ce qui me choque, c’est que ce soit nominatif: on cible une personne qui a, à un moment, eu affaire à la la police, pour ivresse sur la voie publique par exemple, et on reprend ce fait pour lui dire qu’elle est une personne dérangeante et qu’elle ne peut pas rester sur la voie publique ni sur la Grand-Place". Une quinzaine de personnes, SDF et personnes marginalisées, ont reçu cette lettre. Il s’agit en fait une mise en demeure, signée de la main du bourgmestre, Elio Di Rupo. "Par le présent, je vous mets en demeure de cesser sur-le-champ vos comportements dérangeants et de faire en sorte que pareilles situations ne se reproduisent plus à l’avenir", dit précisément la lettre. Si elle n’obtempère pas, la personne sera temporairement interdite d'accès au lieu où elle a posé problème, principalement de la Grand-Place et des rues du centre-ville.

Une ordonnance adoptée en 2014

La ville de Mons ne fait en fait que retaper sur le clou. Fin 2014, elle avait déjà adopté une ordonnance de police pour limiter le nombre de nuisances, de troubles à l’ordre et à la tranquillité publics occasionnés par des personnes désœuvrées qui traînent dans le centre-ville. Les nuisances ciblées sont l’ivresse sur la voie publique, les attroupements qui gênent le passage, les gestes agressifs, les dégradations, la présence de chiens dangereux et/ou non tenus en laisse… Une quinzaine de ces personnes, régulièrement interpellées et/ou verbalisées dans ce cadre, ont donc été ciblées par ce rappel. La porte-parole de la Ville de Mons insiste : pas question d'interdire la mendicité, ni de chasser tous les SDF du centre-ville, pour autant qu’ils ne troublent pas l’ordre public. En cas de récidive, la police pourrait alors intervenir et interdire à la personne d’occuper les lieux pendant un mois. Mais aucun des destinataires de ce courrier n'a encore dû être délogé, "et on espère ne pas devoir en arriver là", nous dit-on du côté de la police locale.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK