Comment se passent les délibérations dans les écoles namuroises ?

Avec l’épidémie de coronavirus, de très nombreux élèves ne sont plus allés à l’école depuis la mi-mars. En secondaire, les élèves de deuxième année et les rhétos ont retrouvé les bancs de l’école fin mai. Les autres sont majoritairement à la maison depuis trois mois. Dès lors, comment statuer sur la réussite et ou l’échec d’un élève ?

Uniquement le travail à l’école

"La directive ministérielle est très claire, nous ne pouvons prendre en compte que le travail que l’élève a effectué en classe, c’est-à-dire du 1er septembre au 13 mars" explique Marie-Agnès Poncelet, directrice de l’Institut Notre-Dame de Beauraing. "Un élève qui n’a pas pu travailler durant le confinement car il n’a pas d’ordinateur, pas de connexion, une situation familiale compliquée, jamais il ne sera pénalisé. Par contre, un élève qui a bien travaillé, qui était motivé, un 9.5 peut se transformer en 10". Le principe est donc "pas de pénalité, mais parfois un petit bonus".

Pas de réussite automatique

Les différentes directions d’école contactées (ndlr : une dizaine aux quatre coins de la province de Namur) sont unanimes : "Il n’y a pas de réussite automatique". Les points du 1er septembre au 13 mars représentent trois périodes sur quatre, ce qui donne une bonne idée des acquis de l’élève.

"Nous avons décidé de garder le système de deuxième session, réussite, échec, réorientation" affirme Marie-Agnès Poncelet. "Faire passer tous les élèves dans l’année supérieure ce n’est pas un cadeau. Certains sont mal orientés. Il serait illusoire de croire que ça ira mieux dans l’année supérieure si l’élève traîne des lacunes importantes". Cette année, plus encore qu’à l’habitude, l’accent a été mis sur la communication avec les parents. "Chaque titulaire a contacté chaque parent pour discuter de la situation de l’élève, et ce, avant les délibérations".

Remédiations

Ce système de prédélibération permet d’expliquer aux parents un éventuel échec, mais permet également de mettre en lumière quelques élèves en difficulté auxquels il ne manque pas grand-chose pour réussir. "A ces élèves, on leur a proposé de revenir à l’école durant le mois de juin". C’est le cas, par exemple, à l’Institut Notre-Dame de Beauraing, c’est également le cas à l’Institut Sainte-Begge d’Andenne.

"On parle ici d’une petite dizaine d’élèves par année. En cinquième, ils ne sont que deux. Ce sont des enfants qui ont deux à quatre échecs avec des points situés entre 8 et 9.5" détaille Olivier Dethine, le directeur de l’Institut Sainte-Begge d’Andenne. "Comme on respecte les silos, on a parfois un professeur qui donne cours à un élève. La majorité des élèves apprécie. Mais il reste quelques exceptions, des élèves qui viennent avec des pieds de plomb et qui ne travaillent pas plus en tête à tête avec leur professeur que seul à la maison" déplore Olivier Dethine. "Dans la majorité des cas, cette remédiation, qui prend presque la forme de cours particuliers, sera bénéfique. Mais on n’a pas voulu vendre de rêve, même avec ces cours, la réussite n’est pas automatique. Il y aura une délibération".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK