Comment rendre les élevages plus durables ? Peut-être grâce aux insectes

L'un des avantages, c'est qu'on aurait moins besoin d'importer du soja pour les besoins en protéines du bétail.
L'un des avantages, c'est qu'on aurait moins besoin d'importer du soja pour les besoins en protéines du bétail. - © DR

Comment réduire l’impact des élevages sur l'environnement ? Voici l’une des questions qui sont étudiées en ce moment par les agriculteurs et les chercheurs, notamment de la faculté AgroBioTech de Gembloux. Et parmi les différentes pistes de solution qui existent, il y a les insectes ! L'idée serait de nourrir les porcs et les poulets avec des mouches, par exemple.

Pourquoi introduire les insectes dans l'alimentation animale ?

L'intérêt est double. Tout d'abord, cela permettrait de valoriser des matières qui pour l'instant ne sont pas utilisées, différents déchets qui - plutôt que d'être jetés - pourraient servir à nourrir les insectes et donc, ensuite, le bétail. L'autre avantage, c'est qu'on aurait moins besoin d'importer du soja pour les besoins en protéines du bétail.

"La plupart des productions de soja proviennent de pays comme le Brésil ou même parfois la Chine, explique Rudy Caparros, premier assistant en entomologie à Gembloux AgroBioTech. On doit donc importer ces aliments pour nos poulets ou le porc. Ici, ce que l’on propose, c’est d’essayer de développer un élevage de ces insectes sur des matières en décomposition. On va essayer de remplacer une proportion – la plus grande possible – de soja par exemple par des protéines provenant d’insectes."

Les insectes vont-ils se généraliser pour l'alimentation du bétail ?

D’abord, il ne faut pas imaginer que l'on va nourrir tous les porcs et les poulets avec des insectes, il faudrait pour cela produire des quantités gigantesques... Ce qui est plus probable à moyen terme, en tout cas c'est ce sur quoi on réfléchit à la Faculté de Gembloux : des petites unités de production, des fermes à insectes qui seraient livrées "clé-sur-porte" et qui permettraient aux agriculteurs d'être presque autonomes pour leur bétail.

Reste des obstacles juridiques : pour l'instant, seuls les poissons peuvent être nourris avec des protéines d'insectes ; l'autorisation européenne devraient être délivrée courant de l'année prochaine pour les poulets et, peut-être ensuite, pour la filière porcine.

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