Colfontaine: la maison Van Gogh de Petit-Wasmes enfin ressuscitée

La maison et sa façade rouge "sang de bœuf"
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La maison et sa façade rouge "sang de bœuf" - © S. Vandreck

Le peintre y a vécu entre 1878 et 1879, lors de son séjour dans le Borinage. Il n’en restait quasiment que les murs. Elle a été complètement restaurée et réaménagée, dans le but d’en faire un lieu-phare de la culture à Colfontaine. Elle ouvre enfin ses portes au public.

Les habitants de Wasmes l’ont connue rose… Aujourd’hui, sa façade, rouge "sang de bœuf", attire l’attention des passants. "C’était sa couleur d’origine, comme nous l’ont prouvé les analyses faites sur des prélèvements effectués sur l’enduit", explique l’architecte Frank Ballant. Cette façade, c’est à peu près tout ce qu’il restait de cette maison ouvrière, sans cachet particulier: "On n’avait pas tous les éléments. Dans ce cas-là, il vaut mieux ne pas tout réinventer. Il faut symboliser le lieu".

250.000 euros et près d’un an de travaux ont été nécessaires pour redonner vie au lieu. C’est un consortium, composé d’entreprises actives dans le secteur du bâtiment (Akzo-Nobel, Wanty, Gobert Matériaux, Wanty…) qui a financé cette rénovation et l’a menée à bien. Ce vendredi, ses clés ont été remises au bourgmestre de la commune de Colfontaine, propriétaire du bâtiment depuis 2014, après de longues tractations avec les propriétaires. L’inauguration était initialement programmée en janvier dernier, pour coïncider avec l’exposition "Van Gogh au Borinage – naissance d’un artiste", au BAM, mais les travaux ont pris plus longtemps que prévu.

Chambre avec vue

Le lieu n’est pas un musée, on n’y retrouve pas de toiles ou de dessins de l’artiste, mais quelques éléments de scénographie, des extraits des lettres de Vincent à son frère Théo, notamment. "Tout près des grands bâtiments sinistres de la mine Marcasse, qui se dressaient à part, isolés dans la plaine, et faisaient vraiment penser à cette nuit-là, sous la pluie battante, la masse de l’Arche de Noé, telle qu’elle a pu apparaître dans l’obscurité, lors du déluge, à la lumière d’un éclair", écrivait-il dans l’une de ces lettres en 1879, décrivant la vue qu’il apercevait de la fenêtre de l’étage. A côté, une chambre, très simple, a été aménagée telle qu’elle aurait pu l’être à l’époque: elle hébergera les artistes qui le souhaitent. Quand la maison adjacente aura été rénovée, le Centre Culturel de Colfontaine, pourra également y organiser des événements.

Les touristes américains et japonais ciblés

Aujourd’hui, la maison attend ses premiers visiteurs. Les demandes à la Maison du Tourisme de Mons sont déjà nombreuses, et pas mal de curieux, parfois venus de loin, ont tenté de pousser la porte pendant les travaux. L’association Van Gogh Europe propose ainsi un circuit qui relie les lieux les plus emblématiques de la carrière de l’artiste. La maison de Cuesmes figure déjà dans ce circuit, celle de Wasmes devrait logiquement s’y ajouter. "Une étude récente, réalisée par le CRT de Paris, nous montre à quel point les Américains et les Japonais sont friands de venir en Europe sur les traces de Van Gogh, indique Natacha Vandenberghe, la directrice de la Maison du Tourisme. On a donc là un nouveau marché pour la région de Mons-Borinage pour lequel on compte bien travailler activement".

Colfontaine, connue comme la commune la plus pauvre de Belgique, se retrouve donc aujourd’hui sous les feux des projecteurs, avec une " superstar " à mettre en avant en la personne de Vincent Van Gogh. "Cette maison, c’est un phare pour Colfontaine, se réjouit Lucien D’Antonio, son bourgmestre. On ne sait pas nous le voler, c’est à nous. Vincent Van Gogh a habité à Wasmes, il n’a pas habité ailleurs. A nous maintenant de l’exploiter pour qu’il y ait des visiteurs qui viennent, des commerces qui s’installent".

Stéphanie Vandreck

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