Clients disparus après le déconfinement : la désillusion pour les producteurs locaux

Pendant le confinement, vous avez été nombreux à prendre le chemin des fermes et à découvrir les producteurs locaux. La révélation pour beaucoup de gens, qui ne connaissaient que les courses en grandes surfaces. Produits frais, souvent bios, à prix quasi équivalents… Bien des gens ont décidé à cette occasion de changer de mode de fonctionnement et d’alimentation.

Et pourtant, quelques semaines après le début du déconfinement, la désillusion est grande pour tous ces producteurs de proximité : leurs nouveaux clients se sont évaporés.

Catherine Chartier, agricultrice au Jardin des Galinettes à Cerfontaine, avait pourtant quadruplé ses ventes durant ces 3 mois. Même chose pour Valentin Roulin, producteur laitier de la ferme des Monts à Nalinnes : des ventes multipliées par 3 durant le confinement.

Avec une quinzaine d’autres producteurs locaux, ils collaborent avec la plateforme citoyenne Commun’halle. Vous commandez vos produits via le site internet, vous allez les retirer dans l’un des 5 points de distribution (Nalinnes, Montigny-le-Tilleul, Montignies-sur-Sambre, Châtelet, Tarciennes).

Ils ont été submergés de demandes de nouveaux clients. Des clients enthousiastes se rappelle Fabrice Maqua, le gestionnaire de la plateforme. "Ils trouvaient ça génial, nous disaient qu’ils avaient enfin une solution pour changer de mode de fonctionnement. Ils y songeaient mais avec le confinement, ils avaient franchi le pas : acheter local, faire vivre les petits producteurs, s’engager".

Les gens ne sont plus là, mais nos légumes sont en train de pousser

Pourtant, dès la fin du confinement, ces nouveaux clients ont déserté, raconte Catherine Chartier : "Nous avons toujours les mêmes clients, les fidèles 'd’avant', mais les nouveaux ont disparu dès la semaine qui a suivi la fin du confinement".

Valentin Roulin confirme : "À la halle de Nalinnes, j’ai gardé 10% de ces nouveaux clients. Mais à celle de Montigny-le-Tilleul par exemple, c’est la catastrophe". En gros, les producteurs sont plus ou moins revenus à la situation d’avant confinement.

Mais pour répondre à cette énorme demande temporaire, ils ont dû produire plus. Alors aujourd’hui, c’est la grimace pour Catherine Chartier : "On a planté plus pour répondre à cette demande. Maintenant, les gens ne sont plus là, mais nos légumes sont en train de pousser, eux !".

L’amertume est générale, et une question, lancinante, reste sans réponse : pourquoi ? Catherine Chartier s’interroge : "Oui, je leur demande pourquoi ! Qu’est-ce qui a changé ? La qualité est la même, les prix aussi, le mode de livraison aussi… D’accord, les gens ont repris le travail. Mais ils ne mangent plus ?".

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