Clermont: un kiosque à journaux d'époque (40-45) au Remember Museum

le faux Soir de la résistance
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le faux Soir de la résistance - © rtbf

Le petit musée privé clermontois consacré aux souvenirs de la seconde guerre mondiale, le Remember Museum, s'agrandit. Dans une ancienne grange qu'il a entièrement rénovée, Marcel Schmetz, le fondateur du musée, a reproduit à l'identique le kiosque à journaux installé place Verte à Verviers avant guerre: "J'ai eu l'idée de reconstruire ce kiosque parce que j'avais énormément de journaux de la période de la guerre, des centaines en fait". 

Le faux Soir

Pendant la guerre, dans les kiosques, les vendeurs étaient obligés de placer les journaux sous contrôle allemand "mais en 1943, un groupe de résistants belges a eu l'idée d'éditer un faux Soir puisque le journal bruxellois était aux mains des Allemands. Ce journal est arrivé dans les kiosques bien avant le Soir et donc on faisait la file pour acheter ce faux Soir édité par la résistance. Quand les Allemands se sont rendus compte de la supercherie, ils ont saisi les faux Soir et puni jusqu'à la mort les résistants à la base de ce faux Soir", explique Marcel Schmetz qui possède un de ces fameux exemplaires d'origine de ce faux Soir.

A côté du faux Soir, on découvre aussi d'autres journaux francophones d'époque mais également des journaux allemands ou des revues américaines, celles qui parvenaient aux GI's lors de leur progression jusqu'à la libération de la région.

Un Coca de 1944

La guerre, Marcel Schmetz l'a bien connue. Il avait 7 ans quand sa maman a débarqué dans sa chambre pour lui dire que les Allemands envahissaient la Belgique et que son père partait à la guerre: "Je n'oublierai jamais ce jour là", dit-il aujourd'hui âgé de 83 ans.

Marcel Schmetz a aussi côtoyé les libérateurs, les Américains puisque les 110 soldats de la 1ère Division d'Infanterie américaine se sont reposés, en 1944,  dans la ferme de ses parents avant de repartir au front pour contrer la dernière offensive allemande et participer à la Bataille des Ardennes. C'est d'ailleurs ce passage des Américains à Clermont qui est à l'origine du musée: "Bennie Zuskin, vétéran américain de la 1ère division, a été le premier Américain que nous avons retrouvé après la guerre. Il nous a rapporté tous ses souvenirs dont son uniforme et une bouteille de Coca de 1944. Il a aussi fait la publicité de notre musée qui n'en était qu'aux débuts auprès des anciens combattants aux États-Unis, c'est ainsi que nous avons eu de plus en plus de pièces et que le musée a grandi."

Marcel Schmetz et son épouse Mathilde ont aussi reconstitué des scènes de guerre avec des mannequins, ils sont plus d'une centaine aujourd'hui. Un véritable petit bijou de musée à visiter avec Marcel Schmetz. Une visite y est d'ailleurs organisée chaque premier dimanche du mois. La prochaine, ce sera donc le 5 février.

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