Clap de fin sur le projet Sportissimo : les communes moins indemnisées qu'espéré

Elle aurait dû accueillir ses premiers nageurs en 2013, voire en 2015. Mais le projet de cette piscine pluricommunale, porté par les communes de Tubize, Rebecq, Ittre et Braine-le-Château, réunies en une asbl, "Sportissimo", n’a jamais vu le jour et s’est transformé en une véritable bataille juridique. Il vient de connaître son épilogue avec la remise des conclusions de l’expertise judiciaire. Celles-ci prévoient une indemnisation des communes de 1,2 million d’euros. Ces dernières espéraient récupérer dix millions, montant qui correspond à l’enveloppe globale du projet, "soit l’équivalent du préjudice subi, à savoir de ne pas avoir au final de piscine", précise Dimitri Legasse, le président de l’asbl.

Retour sur un fiasco

"On s’en sort malgré tout par le haut, nuance ce dernier. L’expertise et la négociation judiciaires nous permettent d’obtenir une indemnisation certes faible, mais qui nous permettra de ne plus devoir débourser un euro et de pouvoir clore cette histoire". Comment en est-on arrivé là ? En 2012, peu après le début des travaux de terrassement sur un site proche du vélodrome de Rebecq, le chantier a dû s’interrompre après un glissement de terrain. Depuis, l’asbl Sportissimo était en litige avec l’entrepreneur et l’auteur de projet. Ces derniers viennent donc d’être, neuf ans plus tard, reconnu par l’expert comme étant entièrement responsables de problèmes survenus sur le chantier. La somme obtenue par l’asbl lui permettra d’indemniser à son tour les entreprises avec lesquelles des contrats ont dû être rompus. "Avec ce qu’on doit aussi comme indemnités aux banques, ce sera tout juste", insiste Dimitri Legasse. Le subside obtenu de la Région n’avait pas été activé. Quant à celui de la Province, il avait servi à payer l’architecte et les travaux de terrassement, pour un montant d’1,8 millions d’euros. Pour leur part, les communes avaient à elles quatre déjà investi une somme d’environ 650.000 euros, correspondant à une cotisation annuelle d’un euro par habitant.

On a arrêté l’hémorragie à temps

"C’est dommage, c’était un beau projet. C’était aussi une première collaboration entre quatre communes. Mais heureusement, le paysage aquatique a bien évolué depuis autour de nous, avec la nouvelle piscine de Braine-l’Alleud, la rénovation de celles de Nivelles et de Waterloo. Il faut aller de l’avant", relativise le bourgmestre de Braine-le Château, Alain Fauconnier. Son collègue d'Ittre, Christian Fayt, ne cache quant à lui pas son soulagement : "C’est une bonne affaire, commente-t-il. Je ne voyais pas la prolongation de ce conflit d’un bon œil. On a arrêté l’hémorragie à temps et, finalement, on n’a pas perdu trop d’argent, si ce n’est l’euro symbolique par habitant investi depuis le début". Le projet Sportissimo visait au départ à soulager principalement les écoles des quatre communes. Les élèves de l’enseignement communal de Braine-le-Chateau continueront donc à suivre leurs cours de natation à Nivelles. Les écoles d’Ittre envoient leurs élèves apprendre à nager dans des piscines privées et continueront dès lors à le faire. C’est aussi le cas à Tubize. Quant aux écoliers de Rebecq, c'est à Enghien, qu'ils continueront à aller à la piscine. Réunis en conseil d'administration ce jeudi soir, les représentants des quatre communes devraient trancher sur l'avenir de l'asbl et celui du terrain sur lequel les travaux avaient été entrepris.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK