Citta Verde: le retour... par inadvertance

Le projet initial de Citta Verde présenté par le promoteur
Le projet initial de Citta Verde présenté par le promoteur - © Tous droits réservés

En 2007, un projet germait à Farciennes, entre Namur et Charleroi. La petite agglomération, parmi les plus pauvres de Wallonie, pensait avoir trouvé la poule aux œufs d’or dans un projet de centre commercial géant de 55 000m². Projet âprement discuté, poussé de toutes parts mais refusé par le ministre Ecolo Philippe Henry. Ce projet, aujourd’hui, refait surface.

Il est implicitement autorisé parce que le ministre Di Antonio n’a pas introduit de recours dans les délais autorisés. Selon le ministre, c’est une négligence de l’administration. Elle n’a pas rendu dans les temps un rapport qui permette à Carlo Di Antonio de prendre attitude. Dans l’opposition, l’Ecolo Stéphane Hazée n’y croit pas un instant. J’ai peine à penser, dit-il, qu’un fonctionnaire puisse prendre la responsabilité tout seul de ne pas envoyer un rapport dans les délais. Et il conclut : "Si tel était le cas, alors la situation est encore plus grave".

Le projet initial est-il mort?

C’est pourtant la thèse que défend Carlo Di Antonio : l'administration lui aurait rendu un rapport incomplet après 97 jours. Soit trois jours avant le terme maximal fixé au Conseil d’État. Nous n’avons pas pu interroger le ministre mais il nous l’a fait savoir. Il estime en outre que ce projet de centre commercial n’ayant plus la cote (puisque la commune pense désormais à quelque chose de plus modeste), son absence de réaction ne porte pas à conséquence. Un avis qu’à nouveau, l’opposition Ecolo ne partage pas. "Il y a maintenant ce permis qui existe, explique Stéphane Hazée, et donc, juridiquement, le promoteur a le droit de construire ce projet. Il peut aussi le revendre à des investisseurs étrangers. Et donc ce sont nos centres-villes qui sont mis en difficulté".

Une porte de sortie éventuelle

Récemment, le gouvernement a précisément adopté un décret sur les surfaces commerciales. Le but déclaré : redynamiser les centres-villes et éviter la multiplication anarchique de projets concurrents. Mais, ici, il brouille le signal.

Ce dossier méritait pourtant d’autant plus d’attention qu’il traîne une odeur de soufre, plusieurs personnalités ayant été inculpées pour des proximités douteuses avec le promoteur précédant.

Reste aujourd’hui une possibilité de s’opposer au permis : le recours que peuvent toujours introduire d’autres parties que le gouvernement. Et il fait peu de doute que Sambreville – ou Namur qui développe son propre projet commercial – soient au taquet.

Carl Defoy

 

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