Cinq questions à Jean-Pierre Landrain, tête de liste PS à Quiévrain

Jean-Pierre Landrain, tête de liste PS à Quiévrain
Jean-Pierre Landrain, tête de liste PS à Quiévrain - © PS

1) La répartition des forces de police de la ZP des Hauts Pays continue à faire grincer des dents à Quiévrain. Que mettre en place pour renforcer la sécurité de cette commune frontalière ?

Jean-Pierre Landrain (PS)  "Avant de parler répartition des forces, il est indispensable de repenser le financement de la zone. En appliquant "simplement" la norme KUL, les autres communes donnent inéluctablement à la commune de Dour la majorité au Collège de police (51%). Nous devons revenir à un mode de financement concerté entre les quatre communes de la zone Dour, Hensies, Honnelles et Quiévrain. Le préalable, dans un premier temps, est de tendre vers un financement dans lequel chaque habitant de la zone cotise au même niveau et en contre partie reçoive le même service. Pour l'instant, l'habitant de Dour paye 122,27 €, à Hensies 95,91 €, à Honnelles 93,60 € et à Quiévrain 111,01 €. Ensuite, nous devons analyser la situation spécifique de chaque commue et adapter les services aux besoins nécessaires.

Nous devons absolument refinancer notre zone de police afin que le service aux citoyens soit à la hauteur de la spécificité de notre entité.

S'il s’avère que notre zone n'est pas viable à cause de sa petite taille alors nous devrons étudier les possibilités de fusion avec une des zones de police voisines. Quoiqu'il en soit, avec ou sans fusion, si nous voulons une police efficace, nous n'échapperons pas à son refinancement".

Le refinancement de la zone de police est un choix politique.

Nous sommes conscients que les tâches administratives n'ont fait que croître avec les années, néanmoins, il est évident que notre zone est en manque de moyens financiers et donc de moyens humains. Certes le gouvernement fédéral ne nous est pas d'une grande aide, mais l'obstination de la majorité MR (Changer) actuelle à ne pas vouloir admettre le caractère particulier de notre commune frontalière est intolérable.

La particularité de l'ancienne commune de Quiévrain, c'est qu'elle traversée par la RN 51 et directement reliée à la France. Avec cette frontière très passante, il y a des opportunités à saisir mais malheureusement aussi des inconvénients gérer. Adapter les services en fonction de la situation réelle est une des solutions pour limiter l'insécurité. Cette solution n'est possible que par un financement approprié de la zone. LA priorité des priorités, en matière de sécurité, doit être le retour de nos policiers dans les quartiers de nos trois communes de l'entité et une présence régulière au commissariat. En effet, nous constatons, depuis des années, que nos agents de quartiers ont pratiquement disparus du terrain, malgré leur bonne volonté. Le commissariat, quant à lui, était régulièrement inaccessible jusqu'il y a peu et les dépôts de plaintes devaient obligatoirement se faire à Dour. Mais depuis le 03 septembre c'est de nouveau possible à Quiévrain. Sans doute l'effet 14 octobre ! "

2) La grand rue de Quiévrain reste presque impraticable aux heures de pointe. Comment améliorer la mobilité ?

J-P. L.  "La mobilité est une matière complexe et les réponses à son amélioration sont multiples. En effet, d'une part, il est urgent de renforcer la signalétique indiquant les lieux de parking et le nombre de places disponibles mais d'autre part, en parallèle, le stationnement sauvage et anarchique doit être combattu avec fermeté.

Par ailleurs, lors de la mandature précédente, avec l'aide de la Région wallonne, nous avions enclenché une dynamique visant à améliorer la qualité de bon nombre de trottoirs. Ces améliorations permettent des déplacements piétons plus aisés et plus sécurisés en particulier pour les personnes à mobilité réduite. Ces actions doivent être poursuivies.

Nous devons développer sur les trois villages un réseau cyclable sécurisé de qualité, propice à la promenade mais aussi favorable aux déplacements " domicile –  travail / école ".

Spécifiquement dans la Grand'rue, une zone bleue a été créée ainsi qu'une zone de déchargement avec des horaires d’utilisation. Mais depuis 6 ans, personne ne fait respecter ces zones qui permettent pourtant d'avoir une plus grande rotation dans le stationnement avec des retombées positives pour le commerce. L'installation de zone de " Dépose-minute " aux abords des écoles améliorerait aussi efficacement la mobilité.

Mais tous ces règlements et aménagements ne peuvent être efficaces que si on allie information, prévention, concertation et s'il le faut vraiment, répression.

Le développement et la qualité de voies sécurisées permettant de renforcer le mode de déplacement doux doit être une priorité en matière de mobilité durable".

3)Comment attirer de nouveaux habitants dans la commune ? (-2% de population depuis 1990) ?

J-P. L. 
"La commune a en effet perdu des habitants, le manque de travail dans la région est sans doute une des causes principales. Mais le manque d'attractivité, le manque de terrains à bâtir et l'image très négative que l'actuelle majorité a diffusé dans les médias lors de lors de la dernière campagne électorale en 2012 ne sont certainement pas étrangers à cette hémorragie démographique.

Nous pensons que faire passer des messages positifs au niveau de la sécurité, relancer l'économie locale et agir au niveau l'aménagement du territoire pour dégager de nouvelles possibilités de construire et pour améliorer l'habitat existant, sont des leviers que nous devons activer.

Nous pourrions d'une part maintenir la population existante ,mais d'autre part créer les conditions pour attirer de nouveaux habitants.

L'arrivée de nouveaux habitants a un impact positif et immédiat sur l'activité commerciale mais aussi sur les finances communales. Ils ne faut pas chercher bien loin pour trouver des exemples : Hensies, sur le territoire de Thulin, Frameries, Quaregnon et j'en passe. Ces communes ont toutes agi au niveau de l'aménagement du territoire et récolteront bientôt le fruit de ces opérations. Sur Quiévrain " centre ", nous pouvons agir également via la rénovation urbaine. Nous avons la chance de vivre dans une entité avec trois communes très différentes : Quiévrain, centre commercial jumelée à Baisieux et Audregnies deux communes plus rurales bénéficiant d'un très beau cadre de vie. Ce sont ces atouts là que nous devons exploiter au mieux plus que véhiculer des images négatives".

4)Les magasins de tabac, les salles de jeux près de la frontière : un " mal nécessaire " ?

J-P. L.  "La majorité actuelle avait annoncé le grand nettoyage, moins de salles de jeux, de magasins de tabac. Où en est-on aujourd'hui ? Plus de marchands de tabac et plus de salles de jeux. Comme dans d'autres domaine, cette majorité a leurré le citoyen quiévrainois.

 La liberté de commerce existe et quiconque peu ouvrir un commerce ou une entreprise, mais dans le respect des lois et des règlements. C'est donc à ce niveau là que nous devons agir. Pas avec des opérations coups de poing bien médiatisées mais par une surveillance régulière. Ici encore on en revient au financement de la police qui, sans moyens financiers et donc humains suffisants, ne peut faire l'impossible.

La réalité est là, si ces commerces et établissements de jeux sont en règle pourquoi ne pas essayer de capter cette clientèle de passage. Ces touristes qui quittent l'autoroute et font un détour vers Quiévrain ne sont-ils pas une opportunité à saisir ? Qui n'a jamais profité de ses vacances pour faire de bonnes affaires ? En Espagne, au Luxembourg, dans les magasin free tax des aéroports, ...

Mais bien sûr pas question de laisser tout aller à vau-l'eau. Nous devons contrôler que les règles soient respectées et ce en collaboration avec d'autres services (afsca, affaires économiques, lois sociales, ...) et au niveau communal, utilisons nos moyens. Visite de préventions incendies avec zone de secours, et avec notre police, contrôle du respect des horaires d'ouverture, vigilance au niveau du stationnement, etc. Bon nombre de ces mesures sont de la responsabilité propre du Bourgmestre. Le pouvoir de police administrative du Bourgmestre, combinée à l'article 135 §2 de la Nouvelle Loi Communale qui concerne la propreté, la salubrité, la sûreté (sécurité) et la tranquillité publique, est déjà un bon arsenal pour faire respecter les règles.

Je ne parlerai donc pas d'un mal nécessaire mais plutôt d'opportunité, dans le respect des règles, dans le respect des riverains et avec la plus grande fermeté".

5) Quelle est la première mesure que vous prendriez lors de la prochaine mandature communale ?

J-P. L. "Pour commencer, notre intention est tout d'abord de faire un audit financier et administratif. Avant d'envisager quoi que ce soit, la future majorité doit avoir une vue claire sur la situation financière, administrative et le fonctionnement des services.

Soyons réalistes et ne nous lançons pas dans de grandes promesses avant l'élaboration complète du budget 2019. Néanmoins, à la lecture des premiers résultats de notre consultation de la population, il ressort que les priorités de celle-ci sont :

  • l'amélioration de la sécurité dans les rues et les espaces publics ;
  • la propreté des espaces publics ;
  • la lutte contre la pauvreté ;
  • le renforcement de l'économie locale (commerce, agriculture, élevage, artisanat, ...)
     
    et les domaines où l'action communale mérite une amélioration sont :
  • l'ordre public ;
  • l'entretien des routes et des bords de route ;
  • la propreté des espaces publics ;
  • la sécurité routière.
     
    Nous constatons que les priorités des citoyens et les domaines où l'action communale doit être améliorée vont dans le même sens. La sécurité et la propreté sont les priorités pour les citoyens viennent ensuite la lutte contre la pauvreté et le  renforcement de l'économie locale.
    Ce sera donc dans ces matières que nos premières actions se porteront.
     
    Côté commune :
  • une concertation relative à la dotation communale de la zone de police doit être mise en place  avec les autres communes et une prise de contact avec le Chef de corps doit avoir lieu au plus vite ;
  • un état des lieux doit être fait avec le service travaux en matière de propreté publique afin d'améliorer les procédures et d'en mettre en place de nouvelles ;
  • une rencontre avec les commerçants et producteurs locaux doit être organisée afin de récolter leur sentiment sur la situation locale. Les propriétaires de surfaces commerciales doivent également être consultés car ils font pleinement partie de notre économie locale.
     
    Côté CPAS :
  • l'analyse de faisabilité doit réalisé afin de mettre en place des dispositifs permettant de suivre et d'aider les personnes en détresse sociale. Informer la population des possibilités d'aide afin de l'inciter à venir consulter les services dès les premiers problèmes et éviter ainsi un phénomène de spirale infernale".

 

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