Ciney: les arbres vieux de 150 ans vont être abattus

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Dès mardi, la quarantaine d'arbres de la place Monseu va être coupée en morceaux. Les tilleuls et marronniers d'Inde ont été plantés en 1849, mais ils sont tous soit morts, soit malades.

Ils ont subi trop d'agressions pour survivre. Aujourd'hui, ils sont soit morts, soit mourants. C'est devenu une question de sécurité publique. Ils doivent être abattus. La Ville a consulté plusieurs experts, tous sont arrivés à la même conclusion. "On a pris cette décision suite à plusieurs incidents, explique Guy Milcamp, le bourgmestre de Ciney. L'année passée, l'un des arbres est tombé. Heureusement, il n'y avait personne sur la place à ce moment-là. Ensuite, plusieurs experts ont dit qu'il fallait en couper deux autres. Nous avons laissé un mètre de tronc, visible, pour que les gens comprennent par eux-mêmes que c'était dangereux. Les  troncs des deux arbres étaient creux."

Abattre ces arbres suscite une vive émotion

Ces arbres font partie de l'historie de Ciney. C'est donc un choc pour de nombreux cinaciens de voir ces arbres disparaître. "On a donc décidé d'expliquer aux gens pourquoi il fallait abattre ces arbres. On a fait une petite exposition, où on en a profité pour retracer l'histoire de Ciney et pour expliquer ce qu'il y aura sur la place une fois que ces arbres auront été abattus."

Cela dit, la plupart des passants que nous avons rencontrés  sur la place Monseu étaient conscients de l'importance d'abattre les arbres. "C'est devenu dangereux, nous explique cette jeune femme. Maintenant, j'espère juste qu'on ne va pas y mettre des places de parking supplémentaires et qu'on va en faire un espace convivial, avec des bancs, des arbres."

La Ville semble être sur la même longueur d'ondes. "Notre but est d'en faire un espace de détente, précise Guy Milcamp, avec des arbres, mais moins qu'aujourd'hui. Ils seront espacés de dix à quinze mettre pour mieux pouvoir respirer. On compte y mettre une petite plaine de jeux pour les enfants."

Dur métier que d'abattre des arbres.

Frédéric Tailler est arboriste-grimpeur. Il sera chargé dès ce mardi matin de démonter les arbres : les découper en morceaux, à partir de la tête. C'est la manière la plus sécurisante de couper ces arbres, vu leur proximité vis-à-vis des maisons voisines. "Je vais essayer de faire ça en quatre jours. Je ne veux pas faire durer le plaisir parce que ce n'est pas un plaisir. J'ai un rôle désagréable car je dois abattre des arbres et ce n'est jamais gai d'en arriver là. Mais ce n'est pas moi qui ai laissé ces arbres dépérir."

Les coupables sont les multiples agressions qu'on subies ces arbres depuis 1849. Le sol dans lequel ils sont plantés a recueilli de nombreuses déjections animales au temps où la place Monseu accueillait le marché aux bestiaux de Ciney, sans compter les petits besoins de l'un ou l'autre et les travaux de terrassement de la place, qui ont porté un coup fatal à ces arbres déjà bien mal en point. "Ils manquaient d'oxygène".

Il faudra donc replanter "intelligent". Bien espacer les arbres, renouveler le sol, et bien choisir les essences sont les principes de base à respecter.

Ciney, une histoire riche, encore partiellement à découvrir

Des archéologues vont "profiter" du dessouchage des arbres pour faire des sondages à travers les différentes couches archéologiques qui composent la place Monseu. "Nous allons réaliser un sondage pour voir à quel niveau ces couches apparaissent, précise Christian Frebutte, le responsable archéologie pour la province de Namur. D'autre part, c'est une sorte de fenêtre vers le passé, car ce sondage va permettre à l'exemple d'un livre, de feuilleter les pages de l'histoire de Ciney. On sait par des découvertes éparses qu'on a une fondation romaine ici.

Clairement à partir du Haut-Moyen âge la ville de Ciney va se développer. Donc on sait qu'on a une occupation mérovingienne et puis surtout vers le dixième siècle, se développe une collégiale, autour de laquelle va se développer un noyau urbain. Au quatorzième siècle, des remparts seront érigés. La place Monseu est clairement un lieu stratégique car c'est le sommet de la colline. C'est ici que l'on situe les premiers habitats. Il y a une superposition de couches archéologiques."


O. Leherte

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