Cierges et bougies se façonnent à Wavre depuis un siècle et demi

Pablo Cremers utilise toujours la machine de ses ancêtres pour fabriquer les petits cierges d'offrande, qui illuminent les églises à Noël notamment.
Pablo Cremers utilise toujours la machine de ses ancêtres pour fabriquer les petits cierges d'offrande, qui illuminent les églises à Noël notamment. - © S. Vandreck

L’atelier semble ne pas avoir changé depuis sa création. Une légère odeur de paraffine imprègne les lieux et le matériel est patiné par la cire et les années. "Cela a quand même changé depuis l’époque de mon père. Nous avons par exemple remplacé la flamme vive du bain-marie, qui permet de maintenir la paraffine liquide, par une chaudière au gaz, plus sécurisante", souligne Pablo Cremers, l’actuel maître des lieux. C’est son arrière-arrière-grand-père qui a créé l’atelier, 1854. Il était à l’époque artisan cirier. "C’est-à-dire qu’il achetait de la cire d’abeille, jaune, qu’il faisait blanchir en l’exposant aux éléments. C’est cette cire, devenue blanche, qu’il revendait à d’autres fabricants de bougies". Vers 1870, la génération suivante a commencé à rouler des cierges. Ces techniques de roulage et de trempage, Pablo Cremers les apprises avec son père. "Je peux les reproduire, mais aujourd’hui, on s’est un peu adaptés au marché et on travaille donc autrement".

Pâques avant Noël

Aujourd’hui, la petite entreprise familiale commercialise toujours des bougies et des cierges, mais ne fabrique plus de a à z que les petits cierges d’offrande destinés aux églises. C’est toujours la même machine à pistons, qui permet de les produire en grande quantité : "Tous les pistons servent de tête à chacun des moules, dans lesquels se déroule une mèche et est coulée de la paraffine fondue, qui est refroidie et durcie grande à la circulation de l’eau froide". Pour le reste, Pablo Cremers et ses deux ouvriers se spécialisent dans la décoration. Les grands cierges de Pâques sont ainsi fabriqués par un fournisseur extérieur. L’atelier wavrien les personnalise ensuite à l’aide de motifs façonnés et découpés dans des plaques de cire et apposés sur les cierges. Ce n’est d’ailleurs pas la saison de Noël qui procure le plus de travail à la maison Cremers, mais bien celle de Pâques. Là ce sont pas moins de 630 grands cierges décorés à la main qui sortent de l’atelier. Les paroisses, restées fidèles à leur fournisseur historique, en profitent souvent pour passer leur commande de cierges de dévotion, de vin de messe et d’hosties pour l’année. "Cela représente entre 70 et 80% du chiffre d’affaires, le reste étant de la bougie décorative". Des bougies auxquelles l’artisan apporte sa touche finale en apposant une couche colorée et brossée, qui varie en fonction des tendances et des saisons.

De la cire recyclée

Autre particularité de l’atelier : il procède au recyclage de la cire. La paraffine blanche des cierges d’églises est refondue et moulée en de nouveaux cierges. Quant à la cire colorée, Pablo Cremers, la coule dans des brûlots qui illumineront parcs et jardins, à l’occasion de mariages par exemple. "C’est une matière première qui s’y prête vraiment bien, rappelle-t-il. Cela rendait déjà mon père hystérique qu’on puisse jeter de la cire à la poubelle lorsque la bougie est presque finie. Cela reste un combustible qui peut être réutilisé dans un tas d’applications. Pour les brûlots, la cire n’est pas blanche mais plutôt brune, mais on s’en fout : l’important, c’est qu’il y ait une lumière". Ce qui permet aussi d’éviter de recourir à de la paraffine neuve qui, bien que moins polluante que les cires naturelles lors de la combustion, reste un produit issu de la pétrochimie.

 

 

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