Chièvres: une bombe V1 retrouvée sur la base militaire

Le fragment de bombe V1 retrouvé dans les travaux
Le fragment de bombe V1 retrouvé dans les travaux - © Tous droits réservés

La découverte a eu lieu lors de travaux menés par la Défense nationale. Pour le bourgmestre Bruno Lefèbvre, la sécurité des habitants et des militaires n'est plus garantie. Il a fait stopper les travaux et parle d'une réaction "surréaliste" de la part de la Défense nationale. Le point en cinq questions.

Utilisées par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, les bombes V1 étaient des "armes de représailles", des bombes "volantes" lancées à 300 km/h. Le 16 octobre, l'entreprise anversoise occupée à dépolluer un terrain sur la base de Chièvres tombe sur un "V1". Et rien ne se passe "dans les règles". C'est en tout cas l'avis de Bruno Lefèbvre, bourgmestre (PS) de Chièvres.

Que savez-vous des bombes "V1"? Leur danger?

Ce type de bombe peut avoir une charge très importante (on parle d'une tonne). Cela signifie que le V1 pourrait avoir un effet jusqu'à 1km300 aux alentours! Le problème, sur cette base militaire, est qu'elle a été utilisée pendant la seconde guerre mondiale. Selon plusieurs personnes, lorsqu'on a voulu "nettoyer" cette base, après l'occupation allemande, on a poussé les déchets dans des trous: les restes de bombes notamment, les morceaux de métaux, etc. Il y a donc toujours un risque potentiel! Si les ouvriers ont creusé à l'un des endroits où on a enfoui des déchets et du matériel, la moindre des choses est de prendre le maximum de précautions!

Vos interlocuteurs (à la Défense nationale) voudraient continuer?

Oui, c'est surréaliste. Lorsque nous avons réuni tout le monde, la semaine dernière, autour de la table, les responsables de la Défense estimaient qu'il n'y avait qu'un risque très faible (1 chance sur 100) de tomber sur une charge explosive. Pour eux, l'entrepreneur pouvait reprendre. La firme anversoise n'y tient pas! C'est dangereux pour le personnel. Nous avons décidé de stopper les travaux.

Jusque quand?

La balle est dans le camp de la Défense nationale. Avant toute reprise, il faut transmettre à l'administration communale un plan d'urgence. Que fait-on si on tombe sur une charge explosive? Qui évacue-t-on? Qui intervient? etc. Le 16 octobre, il a fallu 2h30 avant que les pompiers soient mis au courant! Il y a des militaires, des familles qui vivent sur la base. La moitié de la ville de Chièvres est concernée par le périmètre de sécurité. Donc tant que les précautions ne sont pas prises, on arrête tout. Et la deuxième chose que nous souhaitons, c'est que ce soit le service de déminage de l'armée qui intervienne.

On vous sent très en colère...

Je trouve ça surréaliste! Quand le responsable de la Défense nationale me dit qu'en Flandre, on prend beaucoup moins de précautions quand on effectue ce genre de travaux, je trouve ça scandaleux! Tout le monde, autour de la table s'est demandé dans quelle pièce on jouait! C'est un manque de professionnalisme, et cela n'a pas de sens!

La base américaine s'est-elle exprimée?

Le commandant de la base est tout à fait d'accord avec notre position. Son personnel, et les civils, les familles, sont les premiers concernés.

Charlotte Legrand

 

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