Chauves-souris: "un seul individu mange jusqu'à 3.000 insectes par nuit"

La chauve-souris "Myotis bechsteinii"
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La chauve-souris "Myotis bechsteinii" - © Natagora

Cette année, chez nous, la traditionnelle Nuit des Chauves-souris est remplacée par les Journées d'Actions pour les Chauves-souris; une initiative visant à protéger ces petits mammifères volants. Depuis lundi et jusqu'à samedi soir, Natagora et ses partenaires présentent à la population des mesures concrètes permettant la sauvegarde de ces animaux et de leur environnement.

Construction de gîtes, marquage d'arbres à cavités, aménagement de combles sous-terrains, plantation de haies, adaptation de l'éclairage public pour ne pas perturber les routes de vol des reines de nuit,... autant de chantiers en cours, mais aussi à développer à court terme et à moyen terme, aux 4 coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles et au-delà.

Chauve qui peut  

En Belgique, selon l'association Natagora, on recense 23 espèces différentes de chauves-souris. Au niveau mondial, il y en  a pratiquement mille. La plupart des espèces vivent dans les régions chaudes. Après un effondrement spectaculaire dans les années '60 et '70, les populations de chauves-souris ont fini par remonter légèrement, depuis quelques années. Notamment grâce à une série d'actions de protection du biotope de l'animal. Reste que la menace est toujours bien présente. Dégradation des gîtes d'hiver et d'été, urbanisation, abattage d'arbres creux, isolation des toitures, régression des terrains de chasse (remblaiement des marres, p.ex.), pollution et autres pesticides sont autant de dangers pour l'animal. D'où l'action de Natagora!

Des tueurs d'insectes

"Une petite chauve-souris qui pèse 3 à 4 grammes peut dévorer jusqu'à 3.000 insectes par nuit!", souligne Jérémie Guyon, de Natagora. "C'est énorme! Sans les chauves-souris, nous serions assaillis par les moustiques. De plus, l'animal est également très utile pour l'agriculture. Il permet notamment de protéger le bétail contre les insectes vecteurs de maladies. La chauve-souris est un insecticide naturel, très important pour l'éco-système. Certaines espèces se nourrissent notamment de fruits. Leur mode d'orientation s'effectue par écholocation (guidage par ultra-sons). C'est un animal fascinant et utile. Il faut donc le protéger".   

L'exemple de Tourinnes

A Tourinnes-la-Grosse, dans la commune de Beauvechain, le collège a autorisé Natagora à rouvrir une ancienne galerie sous-terraine reliant l'église romane à la curie. "Un tunnel chargé d'histoire", rappelle le bourgmestre Marc Deconinck. "Pendant la seconde guerre mondiale, des villageois y ont trouvé refuge pendant les bombardements". Désormais, cette galerie du 18ème siècle abritera des chauves-souris pendant l'hiver.

"Nous avons aménagé les lieux pour permettre aux animaux d'avoir un gîte d'hibernation", explique Jérémie Guyon. "Un site comme celui-ci est idéal. Il fait frais, sombre et calme. La température est assez stable. Des conditions adéquates pour séjourner sans dépenser d'énergie. L'humidité ambiante est également importante pour la souplesse de leurs ailes".

Un animal mythique

A la fois passionnant, mystérieux et intriguant, l'animal a toujours suscité légendes et mythes en tout genre. Certains voient dans le chiroptère un vampire. "Chez nous, la chauve-souris n'a jamais sucé le sang de quiconque", insiste Jérémie Guyon. Cette analogie au vampire provient de rares attaques constatées sur du bétail. Des faits qui ne concernent que quelques espèces de chauves-souris sur d'autres continents".

Pour certains, l'animal évoque des maladies comme la rage ou l'Ebola. "Il est vrai que l'animal peut être le vecteur de certaines maladies. Mais ce n'est pas courant", relativise le collaborateur de Natagora. "Quant au mythe de la chauve-souris qui s'accroche aux cheveux, il ne repose sur rien de concret. Cet animal est tout à fait inoffensif. Quand on prend le temps de le connaître un tout petit peu, on ne le craint plus".

Et pour favoriser un biotope accueillant pour ces petites bêtes si utiles, Natagora invite la population à aménager des gîtes et des abris, par exemple en laissant un bout de jardin à l'état sauvage. En évitant l'utilisation de pesticides. Ou en laissant un accès à l'animal sous une toiture ou dans un grenier.               

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