Charlie Hebdo: des hommages sont organisés un peu partout dans le pays

Environ 500 personnes réunies ce jeudi matin place de l'Université à Louvaçn-la-Neuve
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Environ 500 personnes réunies ce jeudi matin place de l'Université à Louvaçn-la-Neuve - © Simon Bourgeois

Au lendemain de l'attentat contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo qui a fait 12 morts, dont deux policiers, et 11 blessés, plusieurs hommages aux victimes se sont encore tenus ce jeudi dans plusieurs villes belges.

A Louvain-la-Neuve, entre 400 et 500 personnes ont bravé le froid et la pluie ce jeudi matin dès 8h30 pour rendre hommage silencieusement aux victimes de la tuerie. Rendre hommage et défendre aussi la liberté d'expression. Un rassemblement composé d'étudiants, d'enseignants, de personnel de l'université et de sympathisants.

"Il nous paraissait logique de nous rassembler", explique Olivier Hauglustaine, un des habitants de la cité universitaire à l'origine de ce rendez vous.  "Charlie Hebdo est devenu une cause. Il faut lutter contre les intégrismes et préserver l'humour aussi.  On en a grand besoin actuellement.  Charlie Hebdo défendait fermement et avec talent l'humour et la satire.  Nous, on aimait beaucoup cela."

Même propos dans la bouche des étudiants rassemblés sur la place de l'Université : "J'ai envie de défendre la liberté d'expression et la liberté de la presse. Dans notre kot à projets, nous sommes responsables de la rédaction d'un journal, et donc on s'est dit que c'était une bonne idée de venir montrer notre soutien, et montrer que ça comptait pour nous. Je suis étudiant en lettres. Peut-être qu'à l'avenir je serai amener à écrire des articles. Je me dis que plus tard, il pourrait m'arriver la même chose. Je voulais donc être présent, malgré les examens dans quelques heures."

Ailleurs dans le Brabant wallon, une minute de silence a également eu lieu à 11h00 dans les écoles primaires, au CPAS et au sein de l'administration communale de Villers-la-Ville.

Un rassemblement citoyen était en outre programmé à Nivelles à 18h15 et un autre à 19H sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Wavre.

A Court-Saint-Etienne, le Collège communal tient à s'associer à l'indignation et la tristesse collectives qui s'expriment partout dans le monde suite à ces tragiques évènements. Un livre de condoléances a été ouvert à l’administration communale. Les citoyens qui le désirent peuvent l'utiliser afin de témoigner leur soutien aux proches des victimes de cet attentat.

Ce registre est ouvert à tous, au service de la Population, rue des Ecoles n°1, jusqu’au jeudi 15 janvier. Vous pouvez y accéder de 8h30 à 12h00 et de 13h00 à 16h00 et le mercredi jusqu’à 19h00.

Un rassemblement aussi au Centre de presse international

L'Association des journalistes professionnels (AJP) s'est associée jeudi matin à l'initiative de la Fédération européenne des Journalistes d'observer une minute de silence dans le hall du Résidence Palace, le centre international de presse de la capitale.

Les caricaturistes belges rendent hommage à leurs confrères assassinés

L'AJP a également invité ses membres à se rassembler devant la Galerie Cartoonist, située rue Haute, à 14h00. Plusieurs dessinateurs de presse y étaient présents, dont Kroll, Vadot, Dubus et Cécile Bertand. Devant des dessins du jour, les caricaturistes belges ont pris la parole.

Leurs premiers mots sont allés aux victimes, des confrères mais aussi des amis personnels pour une partie d'entre eux. "Ils étaient âgés, et travaillaient toujours pour la liberté d'expression avec beaucoup de force et de courage", a relevé Cécile Bertrand. "Ils sont peut-être morts comme tout le monde le souhaiterait, comme des acteurs pourraient aimer mourir sur les planches".

Vadot a lui réagi à l'étiquette de fantassins de la république qu'on colle aujourd'hui aux caricaturistes: "Les dessinateurs de presse qui sont morts étaient tout sauf des gens haineux. Depuis 24 heures, j'ai l'impression qu'on les présente comme des soldats. Ils aiment d'abord rire et voir la vie avec dérision pour la rendre plus supportable".

Quant au rapport de "Charlie hebdo" avec les religions, le dessinateur du Vif/L'Express et de L'Echo estime que "la religion est une application politique de la spiritualité. Je ne vois pas pourquoi on doit avoir le doigt sur la couture du pantalon dès qu'il s'agit de religion, mais on doit être plus subtil que les barbares. On doit arriver à critiquer sans forcément offenser, parce que si on offense on ne fait que renforcer les certitudes de ces gens-là et on leur donne des munitions pour commettre d'autres actes barbares".

"Oui, on fait plus attention qu'il y a 20 ans", a concédé Vadot, qui admet qui la religion, musulmane en particulier, est difficile à évoquer. Mais il a insisté pour que les caricaturistes continuent leur travail. "Tous les procès faits par des religieux dans les pays occidentaux ont été perdus. Ceux qui attaquent ne sont pas forcément des barbus, mais ce ne sont en général pas des gens très ouverts d'esprit".

Enfin, Kroll a parlé de mondialisation des conflits. Au-delà de l'indignation, il faut résister, a-t-il dit. "Les gens qui ont fait ça font la même chose dans des pays arabes. Ce serait vraiment se tromper que de vouloir montrer qu'on n'a pas peur d'eux en dessinant le prophète partout, dans les positions les plus obscènes. Ce serait faire du mal à des millions musulmans qui n'ont rien à voir avec ces barbares, et qui meurent déjà sous leurs balles. Ce sont des terroristes qui veulent prendre le pouvoir pour créer un monde monstrueux dont on ne veut pas et dont les musulmans ne veulent pas non plus".

Quant aux intellectuels Zemmour et Houellebecq qui affichent aujourd'hui ouvertement des propos xénophobes, le caricaturiste du Soir rétorque: "Ce n'est pas parce que des gens prennent les habits du politiquement incorrect que ce qu'ils disent est plus juste que ce que dit la majorité. Les gens de Charlie Hebdo étaient aussi des gens politiquement incorrect, mais derrière c'étaient des humanistes, qui voulaient que le monde soit meilleur, que les femmes soient plus libres... Il n'y avait pas de haine derrière. Leurs dessins ouvraient des débats".

Bruxelles

Ailleurs à Bruxelles, des minutes de silence ont été observées dans les communes d'Evere et de Forest, mais aussi à l'hôpital Erasme et au Square G de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) à 12h00. Le personnel de la Centrale Générale de la FGTB a également observé une minute de silence devant son siège situé place de la Chapelle à Bruxelles. Celle-ci a été suivie d'une minute de bruit pour " réaffirmer que la haine et l'extrémisme n'auront jamais raison de nos libertés fondamentales ", souligne le syndicat.

De son côté, la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles a observé ce jeudi midi une minute de silence en mémoire des 12 victimes, parmi lesquelles se trouvait deux policiers. Elle voulait aussi par ce geste symbolique montrer sa fidélité inconditionnelle aux valeurs démocratiques.

Sur le plan de la sécurité, la zone a renforcé ses patrouilles notamment aux alentours des intérêts français, comme l'ambassade ou le consulat. Le bourgmestre Yvan Mayeur nous l'a confirmé ce matin.

Mons

En milieu de matinée, la direction de l'athénée royal de Mons a invité les étudiants du secondaire à se rassembler dans la cour où, après deux discours, une minute de silence a été observée.  Après celle-ci, la préfète a invité les élèves à remonter dans les classes mais a proposé à ceux qui le désiraient d'engager le dialogue avec leur professeur et ce quel que soit la nature du cours dispensé.

Les responsables académiques de l'Université de Mons (UMons) ont eux aussi voulu réaffirmer leur engagement pour la liberté d'expression en organisant ce jeudi après-midi au sein de l'amphithéâtre Van Gogh un bref rassemblement à la mémoire des membres de Charlie Hebdo ainsi qu'à celle des policiers qui ont trouvé la mort ce mercredi dans les circonstances que l'on connaît.

Charleroi: un rassemblement à 12h30 "pour le libre coup de crayon"

A Charleroi, des particuliers avaient lancé sur Facebook un "rassemblement pour le libre coup de crayon" en hommage aux journalistes et caricaturistes décédés. Près de 450 personnes ont répondu à l'appel et se sont rendus à 12h30 sur la place Charles II.

Parmi les personnes présentes, il y avait des membres du personnel de l'ICDI, l'Intercommunale de Collecte des Déchets et des Immondices, des policiers venant à titre personnel, des travailleurs de la commune, des journalistes et des représentants des milieux culturels carolos.

Namur

L’Université de Namur a également tenu à apporter son soutien et témoigner de toute son "indignation devant la barbarie d’un acte qui touche un des fondements de notre démocratie, la liberté d’expression". C’est la raison pour laquelle une minute de silence a été observée sur le campus, ce jeudi midi.

Liège

En province de Liège, un hommage était également programmé à Hannut à 20h00.

Drapeaux en berne à l'Elysette, à la Commision européenne

Le gouvernement wallon a lui aussi décidé d'observer une minute de silence en hommage aux victimes à 12h00. Tous les services publics wallons, les organismes d'intérêt public et les cabinets ministériels y ont participé. Les drapeaux de l'Élysette, siège du gouvernement wallon, ont été mis en berne.

Tous les drapeaux de la Commission européenne, ont également été mis en berne ce jeudi. Une minute de silence a aussi été observée dans tous les bâtiments de la Commission et en salle de presse à 12h00.

RTBF

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