Charleroi: une infirmière poursuivie pour homicide involontaire

Le service des urgences à l'hôpital ND de Grâce de Gosselies
Le service des urgences à l'hôpital ND de Grâce de Gosselies - © Google Street View

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entendu lundi un médecin légiste comme témoin, dans un dossier d'homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution à charge d'une infirmière. La victime est un jeune homme de 16 ans, décédé en avril 2008 aux urgences, des suites d'une hémorragie digestive.

Il avait été admis à la clinique Notre-Dame-de-Grâce, à Gosselies, où il avait succombé la nuit suivante. A son admission, la victime avait été examinée par un médecin, puis laissée sous la surveillance d'une infirmière qui exerçait depuis plus de vingt ans dans le service. A six heures du matin, elle avait fait appel au médecin mais l'adolescent n'avait pu être ranimé. Il avait succombé peu après d'une hémorragie digestive.

Le médecin, initialement poursuivi, a été mis hors de cause par la chambre du conseil. L'infirmière est donc la seule prévenue. Lors de la dernière audience, la partie civile a estimé qu'il y avait eu manque de réaction de la part de l'infirmière, alors que "l'état du patient était franchement inquiétant depuis 4 heures du matin". L'avocat a également rejeté les conclusions de la défense, pour qui l'explication pourrait être celle du "syndrome de Münchhausen par procuration", qui aurait impliqué la mère du patient. Il s'agit d'une forme de sévices à un enfant consistant à provoquer de manière délibérée chez lui des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d'un médecin. Selon la défense, les symptômes que présentait la victime pouvaient être ceux d'un empoisonnement.

Le médecin légiste entendu lundi comme témoin a précisé qu'à l'heure actuelle, il était encore possible de mourir à hôpital d'une cause imprévisible. Il a toutefois ajouté que la tachycardie du patient, croissante au fil des heures, ainsi que les autres symptômes auraient dû entraîner une réaction du corps médical. Même en cas de prise en charge rapide, il est impossible de savoir si le patient aurait pu être sauvé, a-t-il finalement ajouté.

La suite des débats aura lieu le 2 mars 2015.

Belga

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