Charleroi: une fresque de Gustave Camus menacée de disparaître

L’artiste carolo Gustave Camus (1914-1984).
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L’artiste carolo Gustave Camus (1914-1984). - © BELGAIMAGE

A Charleroi, les travaux de démolition dans la Ville basse avancent bien. L'ancien bâtiment de la RTBF sera bientôt rejoint par les grues et détruit. Mais il y a sur un de ses murs intérieurs une fresque que certains voudraient voir préservée.

Une immense peinture, sur un mur de 6 mètres sur 3 environ. Sept personnages (six hommes une femme), dans un paysage stylisé évoquant Charleroi, ses industries, ses mines.

C'est une œuvre commandée à l'artiste Gustave Camus il y a cinquante ans. Elle n'est pas classée, donc l'entrepreneur qui fait les travaux ne doit pas la sauver avant de démolir le bâtiment.

Cela dit, quelques voix, notamment celles du peintre Charles Szymkowicz, se sont élevées pour demander qu'on la préserve. Ce ne serait pas simple : pour dégager une peinture murale, c'est tout un travail spécialisé à mener, qui coûte cher. On ne sait donc pas trop ce que va devenir cette fresque.

Personne ne semble trop bouger pour le moment. On s'est demandé de notre côté : est-ce que sauver cette fresque vaudrait vraiment le coup, quelle est la valeur artistique réelle de cette fresque de Gustave Camus? Alors on a posé la question à quelqu'un de plus compétent que nous pour cela : Coraly Aliboni, conservatrice au musée des Beaux-Arts, à Charleroi.

"Gustave Camus est né à Châtelet en 1914. C’est un artiste de la région, du territoire, voire même du terroir – oserait-on dire – (même s’il s’est exilé à Mons au début des années 60). C’est une forte personnalité, qui avait un impact direct sur la vie artistique de la région", commente Coraly Aliboni.

"C’était aussi un artiste avec une vision très personnelle, tout en ayant une portée universelle. C’était un artiste important."

Se tourner vers lui pour faire une fresque était, à l’époque, "à la fois logique et en même temps très rare, car il a réalisé peu de peintures murales. C’est un art dans lequel il excellait particulièrement. Mais étrangement, on lui a commandé peu de choses."

Il y a bien eu une commande du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, à la Bourse du commerce (avant d’être un bâtiment de la RTBF-Charleroi), aussi à Lessives (au centre de télécommunication), un vitrail à l’institut Gailly à Charleroi également.

Citons aussi l’une ou l’autre peinture murale dans deux malles (Ostende et Douvres).

"L’estimation de ses œuvres est très difficile à faire, poursuit la conservatrice au Musée des Beaux-Arts de Charleroi. C’est une étape importante dans sa démarche artistique."

Alain Vaessen

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