Charleroi : trois policiers condamnés pour des "éloignements" d'illégaux

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Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné deux policiers carolos à 12 mois de prison avec sursis pour avoir éloigné des illégaux du centre-ville et pour avoir fait usage, au moins dans un cas, de la violence. Un troisième inspecteur obtient la suspension du prononcé.

En février 2010, Lionel B et Mohamed T., deux policiers locaux de Charleroi, interpellaient un illégal pour l'emmener dans un bois de Gosselies afin de l'éloigner temporairement de Charleroi.

L'intéressé avait déposé plainte le lendemain, expliquant avoir subi des coups, avoir vécu un simulacre d'exécution et s'être fait voler son portefeuille ainsi que son gsm. Cela avait valu aux deux inspecteurs d'être incarcérés pour vol avec violence, coups, détention arbitraire et xénophobie. Un troisième policier avait immédiatement demandé à être entendu pour avouer deux autres éloignements, ce qui lui avait valu d'être inculpé à son tour pour détention arbitraire et xénophobie.

Dans son jugement, le tribunal a précisé que les deux premiers policiers ont "joué de la lampe de poche et de leur arme" pour intimider le sans-papier, qu'ils lui ont porté des coups et qu'ils lui ont confisqué ses effets personnels sans motif, se rendant ainsi coupable d'un vol avec violence. Selon le juge, ils ont fait preuve "de sadisme et de violence contrôlée, sans qu'il n'y ait toutefois de connotation raciste".

Il a par contre été précisé que ces procédures d'éloignement étaient habituelles et peu combattues par la hiérarchie, dans un contexte où les illégaux gangrènent Charleroi et sont source d'insécurité. Le tribunal a constaté à ce titre "l'inefficacité de l'Office des Etrangers".

Les deux policiers écopent donc de 12 mois de prison avec sursis pour ce qui excède la détention préventive. Le troisième, qui n'a participé qu'à deux éloignements sans violence prouvée, obtient la suspension du prononcé.

Belga

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