Charleroi: toujours plus de sans-abris, l'hiver dernier.

Plan hivernal carolo: toujours plus de sans-abris
Plan hivernal carolo: toujours plus de sans-abris - © RTBF

Le printemps est bien installé. L'occasion pour le Relais social de Charleroi de tirer le bilan de son Plan hivernal 2018-2019. Avec un constat: il y a plus de monde dans les abris...et pas assez de moyens publics.

Le plan hiver, ce sont trois axes de travail. Des abris de jour, des abris de nuit et des équipes de terrain. L'objectif du Relais social est de coordonner ces trois aspects afin que les sans-abris passent l'hiver de la façon la plus humaine possible. Le Plan hiver, c'est gérer l'urgence face au froid, à l'humidité et à l'insécurité entre le 1er novembre et le 31 mars. 

Des équipes de terrain épuisées

Les équipes de terrain dénoncent un manque criant d'argent. Les structures d'accueil du CPAS fonctionnent grâce à de l'argent public. Par contre, les ASBL qui gravitent autour fonctionnent sans subsides; "Le Chauffoir" (Restos du coeur), par exemple.  La conséquence, c'est un manque d'infrastructures pour les sans-abris mais aussi un épuisement du personnel qui termine l'hiver épuisé. "Le personnel fait face à une grosse quantité de travail pendant l'hiver", explique Geneviève Lacroix, Coordinatrice du Relais social. "C'est aussi beaucoup de flexibilité, comme quand on décide d'ouvrir le centre de crise. Dans ce cas, les travailleurs sont appelés en urgence et ils doivent adapter leur organisation, y compris leur vie privée". 

Les femmes: moins nombreuses mais plus précarisées

Au niveau des chiffres de l'hiver 2018-2019, la proportion homme-femme reste stable: près de 80% des sans-abris enregistrés sont des hommes. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de femmes sans-abris dans les rues de Charleroi. "Les femmes ont d'autres solutions", explique Jérémy Wilmot, Coordinateur au Relais social. "Elles vont loger chez des connaissances, par exemple". Par contre, les acteurs de terrain sont inquiets face aux profils des femmes sans-domicile. "Elles sont très déstructurées. Elles affichent des problèmes multiples comme les maladies mentales, la toxicomanie et elles tombent sous la coupe d'hommes peu réjouissants".  

Deux enjeux pour les prochains mois: des casiers et une salle de consommation

Les acteurs de terrain profitent du bilan du Plan Hivernal pour présenter leurs recommandations pour les mois et les années à venir. Deux grands axes sont pointés du doigt. D'abord, mieux accueillir les personnes souffrant d'addiction, en ouvrant une salle de consommation.

L'autre piste, c'est la création de casiers pour que les sans-abris puissent déposer leurs affaires en toute sécurité. "Quand on se retrouve à la rue, on a un sac. Ce sac, c'est toute la vie de la personne", explique Jérémy Wilmot. Dans la rue, il est difficile de garder ce sac face aux vols et aux passages de centre en centre. "Proposer des casiers sécurisés permet de soulager les sans-abris, notamment dans leurs recherches d'un logement". Ce dispositif existe déjà dans d'autres villes du pays.

Plan hivernal carolo: quelques chiffres

  • 708 personnes ont été accueillies dans les abris de nuit. C'est 5% de plus que l'hiver dernier, notamment des enfants. 
  • 79,1% des personnes accueillies sont des hommes; 14,4% des femmes; 5,5% des enfants.
  • 7.171 accueils réalisés par l'Accueil de soirée du CPAS

 

 

 

 

 

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