Charleroi: suspension du prononcé pour le commerçant qui s'était fait justice

Un commerçant de Gosselies était poursuivi pour coups volontaires, détention arbitraire et traitement dégradant, après avoir ligoté et abandonné en rue son voleur vêtu de son seul slip. La justice a estimé que les faits étaient prouvés mais n'a pas prononcé de peine.

En novembre 2008, après avoir été victime d'un vol survenu après de nombreux autres, l'homme avait identifié le voleur, et s'était rendu à son domicile, avec un ami. Après avoir donné un coup de pied dans la porte qui avait heurté le voleur, il avait emmené celui-ci en voiture.  Il l'avait ligoté et l'avait fait se déshabiller, ne lui laissant que son seul slip. Il avait écrit au marqueur indélébile ''Je suis un voleur'' sur le torse de l'intéressé, avant de l'abandonner, attaché à un poteau, dans le quartier de la Ville-Haute, à Charleroi.

Ces faits valaient à l'ami qui l'avait accompagné sans réagir d'être également poursuivi.

Dans le jugement rendu ce lundi, le tribunal a estimé que toutes les préventions étaient établies à charge des deux prévenus, à l'exception des coups volontaires, dont l'ami du commerçant a été acquitté. Le tribunal estime que les coups et blessures infligés au voleur sont bien établis en ce qui concerne le commerçant, même s'il n'a pas voulu les blessures, parce qu'en donnant un coup de pied dans la porte, il devait en prévoir les conséquences probables.

Le tribunal tient cependant aussi compte de l'absence d'antécédents pour les deux prévenus, et du fait que le commerçant qui s'est fait justice lui-même, s'était dit excédé par les nombreux vols dont il avait été précédemment victime.

La suspension simple du prononcé est donc accordée aux deux prévenus et ce, pour une durée d'un an.

 

 

Xavier Van Oppens avec Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK