Charleroi : rentrée sous le signe de l'intégration à la Haute Ecole Condorcet

Huit étudiants atteints de surdité suivent pour l'instant des cours à la Haute Ecole Condorcet
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Huit étudiants atteints de surdité suivent pour l'instant des cours à la Haute Ecole Condorcet - © rtbf-Grégory Fobe

Depuis plusieurs années, des étudiants sourds ou malentendants peuvent suivre des cours à la Haute Ecole Condorcet. Pour cette rentrée 2020, ils sont huit à être présents dans les dix implantations hennuyères:

" Chaque personne souffrant de surdité a ses spécificités, explique Nathalie Vanzeveren, la coordonnatrice du service d’accompagnement des étudiants à besoins spécifiques de la Haute Ecole Condorcet. Nous devons d'abord bien identifier les moyens de communication qu’ils utilisent dans la vie de tous les jours et ensuite nous adapter. "

Les étudiants concernés peuvent être aidés par des interprètes du centre Comprendre et Parler. Anne-Sophie Lizin en fait partie : " Moi je n’utilise pas la langue des signes mais ce qu’on appelle la LPC, la langue parlée complétée qui est une aide à la lecture labiale. "

Pour pouvoir assurer cette traduction, il a aussi fallu s'adapter aux mesures imposées pour limiter la propagation du Covid-19 comme le port masque. Dans ce cas précis, les interprètes sont autorisés, si la distanciation sociale est respectée, à ne pas porter le masque pour permettre à l’étudiant souffrant de surdité de lire sur les lèvres. Si le local est trop petit pour faire respecter le mètre 50, les interprètes utilisent des plexiglas ou de visières. Ces règles sont aussi valables pour les enseignants. " Je suis en plus particulièrement vigilante et j’adapte mon cours, explique Virginie Franeau, professeur de droit. Il est important de bien articuler, de bien être en face de l’étudiant et surtout ne pas hésiter à revenir sur de la matière qui n’aurait pas été comprise. "

Suivre les cours, que ce soit en lisant sur les lèvres des enseignants ou en s’appuyant sur des interprètes demande une concentration de chaque instant. Pour Rümeysa, sourde de naissance, cela permet toutefois d'être une étudiante en biologie médicale presque comme les autres: " Pendant les vacances j’avais certaines craintes mais finalement ça se passe bien. Si je n’ai pas d’interprète, je peux aussi demander que l’enseignant s’équipe d’un micro qui est relié à mon implant auditif. C’est juste parfois un peu compliqué avec les autres étudiants qui portent des masques. Je dois régulièrement leur demander de l’enlever pour pouvoir lire sur leurs lèvres. "

Afin de remédier à ce problème, la Haute Ecole Condorcet a commandé des masques en partie transparents au niveau de la bouche. Ils seront distribués aux étudiants dans les prochaines semaines.

 

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