Charleroi : Les entreprises de formation par le travail tentent de garder le cap malgré la crise sanitaire

L'entreprise de formation par le travail QCAF forme moins de stagiaires et a vu son chiffre d'affaires baisser de 30% en 2020.
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L'entreprise de formation par le travail QCAF forme moins de stagiaires et a vu son chiffre d'affaires baisser de 30% en 2020. - © rtbf-Grégory Fobe

La crise sanitaire touche durement de nombreuses entreprises et celles liées à l’économie sociale ne sont pas épargnées. Un exemple : les EFT, les entreprises de formation par le travail. Ces structures qui peuvent être actives par exemple dans la construction ou le nettoyage permettent surtout à des personnes précarisées de se former pour se réinsérer. A Charleroi, le site de Monceau-Fontaines en accueille plusieurs. C’est le cas de QCAF (Quelque Chose à Faire), une EFT active dans le secteur de la construction. Son chiffre d’affaires a chuté de 30% suite à la crise mais ce qui inquiète surtout son directeur Jacques Hocquet c’est la réduction du nombre de stagiaires : "Ils doivent normalement d’abord passer par notre atelier appelé la rampe où ils découvrent le plafonnage, le carrelage la menuiserie ou encore le chauffage avant de choisir une spécialisation. Mais pour l’instant nous ne pouvons pas donner cette formation en présentiel. C’est un problème. En plus les stagiaires ont le droit de ne pas venir sur nos chantiers s’ils ont peur des risques sanitaires. Certains ne donnent plus signe de vie et c’est interpellant d’autant que parfois ils dépendent uniquement du défraiement que nous leur versons ! "

Ottavio lui a continué à apprendre sur chantier en portant son masque. Il se forme à la maçonnerie mais il évite aussi l’isolement : " Vous savez j’habite seul et ça me permet vraiment de garder un lien avec la société. C’est important pour moi ! "

Retisser du lien social, c'est également l’une des missions des EFT mais elle est de plus en plus difficile à assurer dans le contexte actuel. Nicolas Léonard est le directeur de l’AID Soleilmont spécialisée dans l’aménagement et l’entretien des espaces verts : " Quand les stagiaires viennent chez nous, ils rentrent un peu dans une famille ! Le problème c’est que nous avons dû en limiter l’accès pour pouvoir respecter les distanciations sociales notamment lors des déplacements dans les camionnettes. Nous ne pouvons désormais plus qu’en accueillir 14 contre 24 auparavant. "

Situé à quelques mètres de l’AID Soleilmont, le Germoir a aussi vu le nombre de ses stagiaires chuter. Cette EFT est particulièrement exposée puisqu’elle est en partie active dans l’Horeca très impacté par les mesures sanitaires.

" Notre restaurant est fermé, il n’y a plus de banquets ni de réceptions", regrette la directrice Carole Duchâteau. "La seule chose qu’il nous reste ce sont les plats à emporter mais c’est à peine 18% de notre chiffre d’affaires ! En plus nous n’arrivons plus à placer nos stagiaires en entreprise dans le contexte actuel alors que cette immersion fait intégralement partie de la formation !"

Le Germoir compte aussi une filière nettoyage qui elle se porte un peu mieux. Pour l’instant cette EFT garde la tête hors de l’eau grâce à ses subsides qui représentent plus de la moitié de son budget mais ils sont en temps normal conditionnés au nombre de stagiaires qui fréquentent les lieux et ce chiffre s’est effondré. La ministre wallonne en charge de l’économie sociale Christie Morreale a toutefois accepté pour 2020 de ne pas de tenir compte de ce facteur mais aucune garantie n’a encore été donnée pour cette année ce qui inquiète le secteur.

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