Charleroi: le règlement mendicité? "Un échec", pour les associations

Le nouveau règlement carolo organise la mendicité en centre-ville (illustration).
Le nouveau règlement carolo organise la mendicité en centre-ville (illustration). - © Flickr – emptysquare

Voilà un mois que le règlement mendicité est d'application à Charleroi. Un règlement qui organise la mendicité dans le centre-ville. Les autorités communales dresseront ce vendredi leur propre bilan avec la police et les acteurs du monde associatif. Mais pour les associations, on peut déjà parler d'un échec. Les mendiants sont toujours aussi présents dans le centre-ville.

Du côté des mendiants eux-mêmes et des associations d'aide aux plus démunis, c'est clair : rien n'a vraiment changé à Charleroi sauf pour quelques-uns de ces mendiants parmi les plus fragiles. "C’est les plus fragiles ou ceux qui ne souhaitaient pas avoir d’ennuis qui ont peut-être essayé dans les entités qu’on leur a désignées, explique Denis Uvier (éducateur de rue et membre de l'association Solidarités Nouvelles). Avec peu de succès puisqu’ils ne les connaissent pas et que de toute façon ils s’entendent dire la même chose : ‘’Vous n’allez quand même pas revenir ici tous les jours ?’’"

Mais les plus aguerris sont toujours là.  Une des failles de ce nouveau règlement, ce sont les déplacements vers les communes périphériques. Mais les mendiants n'ont pas souvent l'argent pour s'y rendre en bus. Dès lors, ils y renoncent et la plupart d'entre eux reviennent faire la manche dans le centre-ville.

"On a de plus en plus de témoignages indiquant qu’ils restent dans les lieux stratégiques, comme l’hôpital par exemple. Automatiquement, la police est appelée et dresse un constat administratif. En même temps, de plus en plus, ce qu’il se passe, c’est qu’on confisque l’argent."

Et Denis Uvier de conclure que ce règlement inapplicable dans la pratique n'a d'autre but que de nettoyer Charleroi de ses mendiants. Les autorités quant à elles semblent résolues à le faire appliquer.

Thierry Vangulick

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