Charleroi: le froid fait mal aux SDF qui refusent les centres d'accueil

Campement improvisé entre la Sambre et le petit ring.
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Campement improvisé entre la Sambre et le petit ring. - © Tous droits réservés

Ils sont installés depuis des mois à quelques pas du centre de Charleroi. Dans un espace vert coincé entre la Sambre, le petit ring et les vieilles industries de Marchienne. Une quinzaine de tentes en mauvais état, des déchets s'accumulent et avec le soleil de ce beau jour d'automne, les premiers visages sortent des tentes.

Fatigués de leur nuit glaciale, ils essaient de se réchauffer. Certains ne quittent pas leurs couvertures. "Il a fait tellement froid que la tente se transformait en carton", lance un homme emballé dans de vieilles couvertures.

Seul son visage dépasse pour expliquer "qu'il n'ira pas à l'abri rue Dourlet. Parce qu'on ne peut y aller qu'un jour sur deux à cause du monde. Alors si c'est pour se retrouver à la rue le lendemain, je préfère rester ici. On est entre amis, on s'entraide, tout va bien..." à part le froid... "oui à part le froid". 

Les abris, c'est bagarres et vols

Un autre occupant des lieux se présente, plutôt jovial, lui non plus n'ira pas aux abris ce soir. "La dernière fois ça a fini en bagarre. Ma main est encore amochée. Je devrais faire des séances de kiné. Et puis là-bas, on vous vole tout. Il faut dormir habillés avec ses chaussures sinon elles disparaissent pendant la nuit." Ses deux biens de valeur sont ses "vêtements riches" : un jean et une veste propre qu'il plie soigneusement dans l'entrée de sa tente. "C'est pour aller voir les propriétaires quand je cherche un logement."

Prostrée dans sa tente, une femme jette un regard inquiet à l'extérieur. Elle restera là ce soir aussi. "De toute façon, pour les femmes, il n'y a pas assez de place. Il n'y a que quelques places réservées pour nous mais pas assez."

Dans le regard et les allusions, on comprend comment elle survit dans la rue. Comment elle utilise son corps pour obtenir tout juste ce dont elle a besoin. Dans cette petite communauté bancale, elle trouve une relative sécurité, un peu de solidarité.

L'hiver s'annonce et la petite troupe grelotte. Chacun espère trouver une solution dans les jours à venir. Sans grand espoir.

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